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jeudi 24 juin 2010

Seilh lauréat européen



Trois équipes d'architectes ont été primées pour le concours Europan, sorte de labo de la recherche destiné à révéler les jeunes talents. Les projets retenus imaginent le futur quartier de Laubis à Seilh, comme alternative à l'étalement urbain.

Seilh et le Grand Toulouse au centre de l'architecture européenne. Le projet d'urbanisation du site de Laubis, à 1 km du terminus du tramway de Beauzelle et à proximité du futur Parc des Expos à Aussonne, a été retenu par un jury européen parmi six sites en France et 89 projets dans toute l'Europe. La Maison de l'Architecture présente depuis hier une exposition (lire encadré) des dix projets présélectionnés pour le site de Laubis et des trois retenus dans le cadre du concours Europan, sorte de laboratoire de recherche architecturale.

« C'est le maire de Seilh, Guy Lozano, qui a eu l'excellente idée de concourir avec ce projet, soutenu par Blagnac Constellation, et transféré au Grand Toulouse », raconte Alain Fillola, responsable de l'urbanisme à la communauté urbaine, « un tel projet dépasse en effet la capacité de la commune même si sa superficie, 20 hectares entièrement consacrés à l'habitat, ne nous obligeait pas à reprendre le projet ».

« Comme tous les projets en cours sur l'agglomération toulousaine, Laubis intègre le développement durable, poursuit Alain Fillola, avec aussi 25 % en HLM et 5 % en accession sociale à la propriété et le reste en logements privés ».

L'originalité des trois projets retenus est évidente au travers des planches exposées à l'Îlot 45 : « Ils proposent une vraie vision prospective, une alternative crédible pour une nouvelle façon d'habiter Seilh », estime Guy Lozano, maire de la commune : « Tous les projets s'intègrent dans le tissu résidentiel existant et répondent à notre préoccupation de lier ce nouveau quartier au reste de la cité » et de « créer l'animation commerciale et sociale […] Ils proposent tous des formes urbaines variées qui permettent d'organiser la mixité sociale et générationnelle ».

L'équipe « Seilh habitat toujours collectif toujours individuel », italienne comme son nom ne l'indique pas, composée d'une architecte et de deux ingénieurs, propose une trame d'habitat collectif et individuel en îlots très travaillés autour d'un système d'espaces publics couverts ponctué de larges bandes piétonnes en direction de la Garonne.

Les jeunes architectes parisiens des Champs des Possibles, installés à la Goutte d'Or, proposent eux de marier bâtiments modernes avec une nature domestiquée, agricole, comme une survivance de la culture paysanne de Seilh, mais aussi avec une nature plus sauvage, plus paysage, des bords de Garonne.

Les Toulousains (venus d'ailleurs) de Tricoter son quartier  proposent de tisser un maillage souple permettant le développement du futur quartier, traité de manière très contemporaine, selon une trame prévue. Avec une réalisation par phases successives.

Le projet lauréat sera désigné début 2011 par Grand Toulouse et ville de Seilh. Premiers coups de pioche en 2015.

Philippe Emery







jeudi 17 juin 2010

Le pari de Borderouge



La Setomip est la plus importante société d'économie mixte de Midi-Pyrénées. Présidée par Alain Fillola et dirigée par son nouveau DG Emmanuel de Séverac, la Setomip est aménageur (ZAC de Borderouge, Balma-Gramont, Tucard Centre à Saint-Orens, Cancéropôle, Aeroconstellation…), constructeur (Jardins verticaux et Îlot Bois Soleil à Borderouge, Fabrique culturelle, médiathèque, Stadium, centre des congrès P.-Baudis) et rénovateur (Desbals, Bellefontaine, Mirail…)
La station de métro de Borderouge, terminus de la ligne B, est longtemps restée un peu seule au milieu du parking-relais et des terrains vagues. Si la partie sud du nouveau quartier de Toulouse est maintenant bien ancrée dans le paysage, les choses traînaient un peu au nord. La faute à la crise et aux débats autour de la place Nord, immense espace (deux fois le Capitole) que la nouvelle municipalité, comme la précédente, souhaitait réussir.

La physionomie de la future place est maintenant connue. Les programmes immobiliers autour aussi. La Setomip, société d'économie mixte chargée de l'aménagement a fait le pari, lors de la présentation du projet urbain Nord, de sortir des logements neufs de qualité, notamment sur le plan environnemental et énergétique, en accession à bas coût. Du logement intermédiaire, plus cher que le social mais moins que le privé pur. Un pari en passe d'être gagné, semble-t-il, avec le lancement de deux nouveaux programmes, l'Îlot Bois Soleil et les Jardins verticaux, dont les tarifs sont inférieurs à 2 500 € du m2 (avec Pass foncier).

Les T5 duplex de Bois Soleil sont même en dessous de 2 200 € le m2 (avec Pass foncier) soit 258 500 € pour 115 m2 (moins de 2 700 € le m2 sans Pass foncier).

Quand on sait que le prix du neuf tourne autour des 3 200 € du m2 à Toulouse, on voit que les prix ont été tirés au maximum avec une mise en concurrence, conçue et coordonnée par la Setomip, qui a porté ses fruits. Bois Soleil (à la structure bois atypique) bénéficie du label BBC (bâtiment basse consommation), plus exigeant que le THPE (très haute performance énergétique) envisagé au départ. Les Jardins verticaux seront eux, au moins, en THPE. Isolation extérieure et solaire ont été largement utilisés.

« On a atteint cet objectif de qualité de construction et de conception à prix maîtrisé grâce à une procédure atypique, explique Céline Letellier-Harter, à la Setomip. On a travaillé avec les équipes d'architectes (Ryckwaert pour Jardins verticaux et Sang neuf et Benoît Imbert pour Bois Soleil), bureaux d'études, paysagistes et entreprises, tous locaux. Chaque proposition était étudiée avec les entreprises susceptibles de la réaliser. Construction et conception ne sont pas au rabais mais au contraire avec un souci permanent de confort, qualité de vie et développement durable, avec comme cible première d'acheteurs, les primo-accédants ». Commercialisation en cours. Livraison prévue fin 2011 début 2012. Dans un quartier qui pourrait accueillir la future salle des musiques actuelles et un nouveau cinéma Utopia.

Philippe Emery

jeudi 10 juin 2010

La vie en blanc et bois



Sobre. Minimaliste. Blanc. Pour mieux dégager les volumes et créer de la transparence. L'architecte toulousain Francis Diana décrit ainsi son projet de résidence des Mûriers, un des premiers programmes qui va sortir de terre dans l'écoquartier de Tucard à Saint-Orens, au troisième trimestre 2012. Une résidence de 44 logements, du T2 de 42 m2 au T5 de 110 m2,, accessibles au Pass foncier et au doublement du taux zéro, donc plus spécialement destinés à des locataires jeunes accédant à la propriété.

Cette résidence est aussi le premier programme de bâtiment à basse consommation du promoteur Icade (ex-Capri, filiale de la Caisse des dépôts et consignations) en Midi-Pyrénées. Le label énergétique BBC sera obligatoire le 1er janvier 2013. Un label exigeant (trois fois moins de consommation d'énergie qu'actuellement) qu'Icade a décidé d'appliquer à tous ces projets en cours : « L'objectif est d'arriver à l'énergie zéro d'ici cinq ans », assure Didier Beigbeider, directeur territorial.

« Dès les années 1992-1993, on a réfléchi sur un habitat intermédiaire qui éviterait les longs couloirs répétitifs, avec toujours les mêmes portes palières au bout, et les parties communes inutiles », explique l'architecte Francis Diana, « on s'est démarqué aussi de la dictature de la brique ; on mettait de la briquette partout à une époque, la municipalité d'alors nous l'imposait », poursuit l'archi, « on a tranché avec les Villas Mermoz, des cubes blancs où les toits des garages (en rez-de-chaussée) servent de terrasses aux appartements. On a poursuivi avec les Chênes rue Vixens, maisons blanches superposées ». Le projet des Mûriers est en quelque sorte la version basse consommation de ces programmes un peu pionniers à leur époque.

L'accès aux appartements, tous traversants, se fait ainsi directement au rez-de-chaussée par des petits jardins collectifs situés entre les deux corps de bâtiments de la résidence, ou par des escaliers directs et ascenseurs pour les étages supérieurs, avec le minimum de parties communes : « Un escalier dessert à chaque fois un palier et trois logements », explique Francis Diana.

La résidence sera construite en béton cellulaire, au très bon coefficient thermique, bien meilleur que la brique par exemple, facile et propre à travailler. Ces pavés de béton de 30 cm peuvent être taillés sur place à la scie égoïne, collés entre eux et montés comme des légos. Un enduit lisse de couleur blanche et des persiennes en bois (notamment en pignon sur la rue) donnent un aspect clair et nature à l'ensemble. Balcons et jardins suspendus agrémentent l'ensemble. L'eau chaude sanitaire est solaire et le chauffage collectif au gaz.

Le projet, choisi par Icade après concours d'architectes, comporte aussi deux commerces en rez-de-chaussée sur la rue et se trouve à proximité du village de Saint-Orens, de ses commerces et transports en commun (sur la route de Toulouse).

Philippe Emery

jeudi 3 juin 2010

La ville sous-marine



Dès votre formation, Beaux-Arts, urbanisme et océanographie, vous, le Breton d'origine, semblez hésiter entre architecture et mer. Êtes-vous plutôt architecte ou marin ?

Je ne suis pas complètement un marin même si j'ai pas mal navigué. Breton de cœur, je suis un homme du monde sous-marin. Mes lectures de jeunesse, « Vingt mille lieues sous les mers », ma passion pour Cousteau et pour la vie sous les océans m'ont amené à essayer de bâtir le futur des hommes dans la mer comme dans l'espace. J'étais fasciné aussi par la conquête de l'espace, Gémini, Appollo, tout ça…

Vous avez créé les premières maisons sous-marines ?

Non, c'est Cousteau, les Américains, les Soviétiques qui ont construit les prototypes. Moi, j'ai lancé une nouvelle génération, suspendue entre deux eaux, dans la troisième dimension. On est parti sur le bionique, l'étude des mammifères marins pour imaginer le nouvel habitat sous-marin, un peu comme Léonard de Vinci a fait en partant de la libellule pour dessiner le premier appareil volant.

Dans votre discours d'intronisation à l'Institut de France, vous vous êtes présenté vous-même comme « un mammifère marin habitué à vivre dans l'eau » ?

C'est vrai, je suis bien dans l'eau, il y a un aspect ludique, charnel, de liberté. J'ai passé, avec une équipe américaine, le plus long séjour sous-marin : 71 jours sous l'eau. Je n'en suis peut-être pas sorti complètement indemne mais je n'ai eu de cesse d'y retourner. La société se tourne de plus en plus vers l'eau : le développement durable, la nourriture du futur, l'étude du climat, la biodiversité dépendent de la mer. Il faut expliquer tout cela au grand public, d'où la nécessité de créer des outils pédagogiques, culturels, scientifiques, touristiques. Comme je l'ai fait avec les centres de la mer (Nausicaa, Océanopolis, etc.) et des projets comme le musée d'Alexandrie, l'Océanorum en Inde ou le Sea Orbiter, vaisseau scientifique d'observation des océans.

Vous croyez que l'avenir de l'Homme est de vivre sous la mer ?

Non, cela, c'est de la science-fiction. Mais les hommes vont devoir séjourner de plus en plus souvent et longtemps dans et sous l'eau pour comprendre certaines choses. La technologie désormais le permet. Et la mer fait moins peur.

Vous venez le 17 juin à Toulouse, plutôt continentale, à mi-chemin d'océan et Méditerranée. Y a-t-il une architecture du fleuve, voire du canal ?

C'est une très belle ville. J'aime sa couleur. J'avais un ami très cher que j'adorais, Claude Nougaro. Il m'a embarqué souvent dans sa poésie et sa vitalité, sa simplicité aussi. On lui avait aménagé son appartement à Paris où tout tournait autour de la cuisine. C'est dire la convivialité qui y régnait. On passait parfois des nuits entières à refaire le monde. Il a écrit un magnifique poème pour la naissance, il y a dix ans, de mon unique fils, Marin. Il y avait aussi André Bos, le créateur de Technal avec qui j'aimais flâner sur les bords de Garonne, où la pierre et la brique se reflètent dans l'eau. Toutes les grandes villes se sont construites autour de l'eau : fleuve, rivière, lac ou mer.

Propos recueillis par Philippe Emery

Matinale de la Fondation dépêche
Jeudi 17 juin à partir de 8 h 30 à l'auditorium du Muséum d'histoire naturelle. Jacques Rougerie interviendra à 9 heures. Cet architecte spécialisé dans les projets liés au monde marin et sous-marin, âgé de 64 ans, membre de l'Institut, a réalisé centres culturels, scientifiques et sportifs, universités, aéroports et logements : Nausicaa à Boulogne-sur-Mer, Océanopolis à Brest, Aquavallon au Grand Rodez, pavillon de l'expo internationale de Kobe au Japon, etc. Il va réaliser des centres en Thaïlande, Caraïbes et Inde.

www.fondation.ladepeche.com

jeudi 11 mars 2010

Un quartier écolo et métro



Urbanisme. La construction de l'écoquartier de Buchens est lancée ce jour à Ramonville. 406 logements sociaux, en accession ou étudiants, des bureaux, commerces et espaces verts à l'horizon 2011-2013 autour du terminus métro.

En cette période de développement durable et de réchauffement climatique, les projets d'écoquartiers poussent comme des champignons, dans l'agglomération toulousaine comme ailleurs. Andromède à Blagnac, Vidailhan à Balma, bientôt la Cartoucherie à Toulouse, chacun revendique la primeur et le label écologique.

L'écoquartier de Buchens au terminus métro de Ramonville (ligne B) est lancé aujourd'hui officiellement. Il s'étendra à l'horizon 2011 (1re tranche)-2013 (livraison finale) sur 4,2 ha de superficie, au pied de la nouvelle caserne des pompiers ultramoderne et du métro, bordés par le canal du Midi et le petit bois rendu célèbre par son triton marbré, à deux pas de l'Université Paul-Sabatier, de Rangueil, des zones d'activités du Parc du canal ou de Lespinet. Un emplacement stratégique à la frontière de Toulouse et Ramonville qui permet de privilégier l'éco-mobilité.

« Un écoquartier, c'est d'abord un quartier bien desservi en transports en commun et avec une forte densité, ici on est à 100 logements à l'hectare », confie Bertrand Bourrus, directeur général de la SA HLM des Chalets. L'organisme social, émanation du conseil général (qui détient 66 % de son capital) est l'aménageur global du projet où interviennent divers partenaires : promoteurs privés et autres organismes HLM. « C'est, je crois, une première qu'un organisme HLM joue ce rôle dans ce type d'opération », commente le responsable. L'urbaniste Capterre a été choisi sur appel à projet pour coordonner le programme avec l'architecte paysagiste albigeoise Labarthe.

Le projet prévoit 406 logements, dont 40 % de HLM, en locatif (86 pour SA HLM des Chalets et 39 de Colomiers Habitat) et en location/accession sociale à la propriété (129 logements des Cha-

lets), une résidence étudiante (98 studios) du Nouveau Logis Méridional, et

du logement privé (52 logements en accession privée à la propriété-Promo Midi).  Il s'agit d'immeubles dont la hauteur va de R + 3 à R + 7. Les surfaces sont comprises entre des studios étudiants de 16 m2 et du T1 au T5 pour le reste.

L'écoquartier comprendra aussi 6 000 m2 de bureaux et 600 m2 de commerces (moitié surface de vente et moitié services), ainsi que des équipements publics (crèche, salle de quartier), un hôtel (deux étoiles + ou trois étoiles) et un restaurant (ouvert le soir) autour d'un mail et d'une place centrale « villageoise » et à proximité d'espaces verts et du canal.

« Le projet a été lancé par la mairie de Ramonville, du temps de Pierre Cohen, la commune étant propriétaire du terrain qu'elle nous a vendu », explique Bertrand Bourrus, « on arrive à un tarif de vente moyen très attractif de 2 265 € le m2 alors que le prix du marché à Ramonville tourne autour des 3 000 €». Une bulle de vente est installée sur place.

Les bâtiments sont à basse consommation (BBC, norme obligatoire à partir de 2012) avec chauffage collectif au gaz, eau chaude sanitaire solaire, récupération de l'eau de pluie (pour l'arrosage public) et quelques terrasses végétalisées, ou à très hautes performances énergétiques (THPE). L'écoquartier pionnier de Pierre Cohen… à Ramonville verra ses premiers immeubles livrés fin 2011 et la totalité fin 2013.

Légende photo : Les architectes des différents programmes sont les Toulousains de l'Agence Martinie (bâtiment B), Mercato pour A & A associés (bât. C et D), Puig Pujol pour Icade (bureaux, hôtel, restaurant) et les Montpelliérains Cusy Maraval Architectes (bât. E)

jeudi 4 mars 2010

Rue Alsace : avec ou sans arbres



Urbanisme. La rue Alsace-Lorraine va être réaménagée d'ici 2 012 sous le pilotage de l'architecte-urbaniste Bruno Fortier. Les travaux de réseaux sont en cours. Faut-il réimplanter des arbres sur cet axe minéral et haussmannien ?

Attention, débat. Chez les architectes et les amoureux de vieille pierre (ou brique) en général et de Toulouse en particulier, la guerre fait rage entre les « anti » et les « pro ». Pour ou contre les arbres rue Alsace-Lorraine. La question peut avoir l'air un peu futile en ces temps de crise économique et de catastrophe(s) plus ou moins climatique(s). Elle est pourtant bien d'actualité et déclenche des avis contradictoires et tranchés qui peuvent vous empoisonner un repas comme la question de savoir s'il faut garder la voix occitane dans le métro ou s'il faut subventionner les sociétés privées de parking pour maintenir le tarif de nuit.

Le débat a été relancé par la présentation du projet de réaménagement de la rue. Finis les bouleaux introduits lors de l'aménagement provisoire, la version « Moudenc » de la rue. « Dans le projet de départ, il n'y avait pas d'arbres », rappelle l'architecte urbaniste Pierre Roca d'Huyteza, « mais il y a une forte demande des gens et le maire nous a demandé d'introduire des arbres. On ne pouvait les mettre en pleine terre vu le caractère provoisoire, on a choisi des bouleaux en pots, assez graphiques, peu encombrants ». Le projet actuel, version « Cohen », dont les travaux commencent, prévoit de remplacer les bouleaux par des petits groupes d'arbres. Chez les « anti »

Côté opposants, c'est simple : « La rue Alsace-Lorraine n'a pas été pensée avec des arbres, c'est une percée haussmannienne, les arbres y sont un obstacle à la perspective, la rue ne respire plus », résume Marie-Martine Lissarrague, architecte et présidente de l'Ordre régional des architectes Midi-Pyrénées. Même avis pour son confrère Marc-Paul Zavagno : « La rue Alsace est trop étroite, ce n'est pas un boulevard comme à Paris, qui supporte des plantations de chaque côté, c'est une sorte de canyon, on ne fait pas pousser des arbres au fond d'un canyon ».

L'urbaniste du projet actuel, Bruno Fortier, tout en reconnaissant l'aspect minéral et « élancé » de la percée hausmannienne « dont chaque immeuble est un événement », adopte une position médiane : « Dans l'absolu, je serais plutôt contre les arbres ici. Mais il fait chaud l'été à Toulouse. Nous avons choisi d'implanter des petits groupes d'arbrisseaux, des cépées qui offrent un peu d'ombre et donc de fraîcheur sans être aussi hauts que les bouleaux ».

Roger, un vieux Toulousain, tranche : « Un peu d'ombre, c'est bien. Mais des bistrots rue Alsace, ce serait mieux, plutôt que des banques et des marchands de téléphone ».



La Ville rose pas assez verte et bleue

La Ville rose n'est-elle pas assez verte ? Toulouse manque-t-elle d'arbres, d'espaces verts, de parc pour courir, d'allées le long de la Garonne ou du canal ? Certains trouvent la place du Capitole trop minérale. Claude Sicre et le comité de quartier d'Arnaud-Bernard réclament pour la place du même nom un « arbre à palabres », sans succès depuis des années voire des décennies. Quel que soit le maire, de Baudis à Cohen en passant par Douste-Blazy et Moudenc, personne n'a suivi cette idée originale d'un lieu végétal et ombré qui aurait aussi été convivial, voire artistique.

Riverains et associations protestent à Toulouse dès qu'on touche à des arbres parfois trop vieux ou malades, comme récemment lors de l'aménagement de la place Olivier (en cours) à Saint-Cyprien. « C'est un faux débat, lance Pierre Roca d'Huyteza, Toulouse est la dernière ville à ne pas avoir reconquis son fleuve et son canal, à la différence de Lyon, Bordeaux ou Nantes. On a 15 ans de retard. Alors, on veut mettre des arbres là où ce n'est pas indispensable, en plein centre ville ».

La nouvelle municipalité a lancé une réflexion sur ce domaine dans le cadre de la Fabrique urbaine avec un plan Garonne dont on est aux prémisses. Il y a aussi le projet de déménager le Parc des Expos du Ramier à Beauzelle pour créer sur l'île un vaste Central Park à la toulousaine. « Le projet Garonne doit s'étendre sur plusieurs kilomètres, de Fenouillet à Muret, c'est un travail en profondeur sur les quartiers qui doit être réalisé pour les tourner vers le fleuve. Ce n'est pas juste un parc naturel au Ramier ».

jeudi 25 février 2010

Une arche pour la recherche



Urbanisme. La future École d'Économie de Toulouse, pôle international des chercheurs de l'Université Capitole (sciences sociales), dessinée par des architectes irlandaises, marquera en 2013 l'ouverture de la fac sur Saint-Pierre.

Un bijou architectural dans son écrin. C'est un peu l'impression que donne le projet d'École d'Économie de Toulouse présenté mardi soir à l'Îlot 45-Maison de l'Architecture (lire ci-dessous). L'étonnant bâtiment imaginé par les architectes irlandaises de Grafton Architects abritera, en 2013, la crème des chercheurs en économie, sur quelque 10 000 m2 et cinq étages, aux portes du cœur historique de la Ville rose, au bord du canal de Brienne et à deux pas de la Garonne.

L'Université de Toulouse 1-Capitole lance, avec la construction programmée de ce nouvel immeuble une opération de « chaises musicales », comme l'explique Bruno Sire, son président : « Les économistes actuellement à la Manufacture des Tabacs vont investir les nouveaux locaux de l'école d'économie, les chercheurs en droit les y remplaceront, de même que l'IEP (Sciences Po-NDLR) qui déménagera à la Manufacture en s'agrandissant (sur 7 000 m2). L'IAE (Institut d'administration des entreprises) s'installera dans les actuels locaux de l'IEP (sur 3 500 m2) ».

L'écrin, c'est ce site à l'entrée sud du domaine universitaire, à la place du parking et de l'entrée actuelle de la cité universitaire de l'Arsenal, au dos de l'église de Saint-Pierre-des-Cuisines et à côté du vieux rempart de l'Arsenal, entre canal et fleuve.

Un site « extraordinaire, unique », commente Shelley Mc Namara, l'une des deux architectes irlandaises du cabinet Grafton, lauréat du concours lancé en mai 2009 par l'Université (1). Des architectes tombées sous le charme de Toulouse, « avec ses tours étranges et ses cours d'hôtels particuliers » : « On a voulu transposer les éléments de l'histoire de l'architecture toulousaine dans un bâtiment contemporain », poursuit Shelley Mc Namara, « on a imaginé un bâtiment à la fois vertical et horizontal, qui se regarde du dehors et qui regarde vers le dehors ».

D'où un immeuble à la structure complexe de trois corps reliés entre eux, qui semble à la fois fermé et ouvert, mêlant mur vertical de brique, tourné vers la Garonne, claustras et larges ouvertures permettant un point de vue permanent, depuis l'intérieur, vers l'extérieur.

« Nous voudrions que ces chercheurs qui vont penser à sauver le monde de la crise puissent, à tout instant, depuis leurs bureaux, être en relation profonde avec leurs collègues et avec le monde extérieur », lance Yvonne Farrell, l'autre architecte de Grafton, qui souhaite avoir « conçu un bâtiment - ouvert - qui puisse avoir un effet sur la façon dont on  pense » et le décrit comme « une sorte de cadran solaire qui voit passer le temps jour après jour, heure après heure ».

Le projet, d'un coût total de 33,75 M€, bénéficiera d'une subvention de 5 M€ de la Région.

1-Deux autres équipes d'architectes avaient été retenus parmi 61 candidats de toute l'Europe : les Allemands d'Auer et Weber, associés au Toulousain Fabrice Ginocchio, et les Toulousains Bernard et Raphaël Voinchet de W-architectures.


jeudi 18 février 2010

Sortir le Mirail du ghetto



Urbanisme. Trois équipes d'architectes, paysagistes, sociologues et experts urbains et de sécurité planchent sur la restructuration de Reynerie dans le cadre du grand projet de ville. En concertation avec la population et la faculté.

Côté atouts : un site exceptionnel autour du lac de la Reynerie, beaucoup d'espaces verts, la proximité de l'Université du Mirail et du périphérique, une desserte idéale par le métro (stations Mirail-Université, Reynerie, Bellefontaine), un bâti de qualité.

Côté handicaps : une mauvaise réputation, un méga taux de chômage (notamment chez les jeunes), une concentration des exclusions et des origines, une architecture refermée sur elle-même (les défenseurs de Candilis, le père du Mirail, diront que c'est parce son projet n'a pas été jusqu'au bout), du béton omniprésent et l'effet de barres avec les interminables coursives qui donnent l'impression aux habitants d'habiter directement sur la rue.

Le Grand Projet de Ville a déclenché un processus de réflexion, amené des crédits importants, conduit à des démolitions d'immeubles (1 000 logements détruits) ouvrant certaines perspectives.

La Ville de Toulouse et le Grand Toulouse ont décidé d'aller plus loin en lançant un grand concours d'urbanisme pour repenser le quartier et l'ouvrir sur le reste de la ville et notamment la faculté proche.

Trois équipes d'architectes-urbanistes, paysagistes, sociologues, experts de la ville et de la sécurité, ont été retenues pour travailler sur un projet en liaison avec la population et les associations. Autour de Bernard Paris (Lyon) et du paysagiste Alain Marguerit, des Parisiens Christian Devillers et Jean-Marc Gaulier (Urbicus). Ils rendront leur copie fin avril, respectant un cahier des charges de 30 pages ; l'équipe lauréate sera désignée avant l'été, pour une mise en œuvre d'ici 2013 et des orientations jusqu'en 2025.

Benoît Zeller, directeur du GPV, a rappelé les points clés du projet, lors d'une récente présentation des architectes à la population : faire de la place Abbal le cœur du quartier, reconstituer un îlot cohérent autour du Petit Varèse, réorganiser les secteurs de la rue de Kiev et de Glück-Auriacombe, les circulations et les entrées du quartier, créer un maillage culturel réunissant la Fabrique culturelle de la fac, le château de Reynerie et son parc, la bibliothèque Lizop, le futur équipement culturel de la place Abbal dédié à l'image et le centre Alban-Minville à Bellefontaine, réinvestir sur le bâti conservé, requalifier les espaces extérieurs et prévoir la reconstruction (700 logements déjà identifiés).

Les habitants, eux, s'interrogent sur la diversité du quartier, ce qu'on garde ou pas de Candilis, l'avenir des dalles (celle de la fac notamment), la lutte contre la concentration des pauvretés et des exclusions, etc. Le débat ne fait que commencer.


Les urbanistes : travailler avec la population


Les questions de la liaison avec l'Université, du comment attirer une population étudiante et une population de jeunes travailleurs et des ménages ne pourront pas être éludées. De même que celles de l'accompagnement social et éducatif ou de l'ouverture et la pérennisation de vrais centres commerciaux et d'animation (pourquoi n'y a-t-il pas de bars ou de restaurants ?).

Les architectes ont commencé de débattre avec certains habitants lors de la rencontre récente à la Fabrique. Ils ont tenté d'exposer leurs conceptions du travail qui les attendait dans ce secteur sensible, qui a aussi une histoire.

« On devra concevoir un projet durable et mobiliser les ressources des habitants », a insisté Jean-Marc Gaulier, de l'agence parisienne Urbicus (installée à Versailles). Cet urbaniste qui travaille beaucoup l'aménagement paysager a notamment aménagé la place d'Arianne à Marne la Vallée ou dirigé le projet de renouvellement urbain de Vandoeuvre les Nancy.

Pour le Lyonnais Bernard Paris, associé à Alain Marguerit (tous deux choisis pour le projet d'écoquartier de la Cartoucherie à Toulouse), « il n'y a pas de projet idéal, mais un travail avec les habitants ». Cette équipe a aussi beaucoup travaillé sur les grands ensembles à travers toute la France et notamment sur la barre des 1000 à La Duchère. Elle a aussi signé le réaménagement urbain récent de la place de Jaude à Clermont-Ferrand.

Christian Devillers et associés a évoqué le « génie du lieu » ou la dimension paysagère du projet. Ce cabinet a travaillé sur de nombreux projets de quartiers, renouvellement urbain et équipements publics, à Evry, Saint-Denis, Orly, Rouen, Nantes ou Paris et aussi sur la Zac des Berges du Lac à Bordeaux ou à Andromède à Blagnac/Beauzelle.

jeudi 11 février 2010

Empalot, quai de Garonne



Urbanisme. Le projet de Germe et JAM, architectes choisis après concours, veut réorienter ce quartier proche du centre vers le fleuve et l'ouvrir aussi vers le reste de la ville à horizon 2020. Deux barres seront démolies et la place refaite.

Le maire Pierre Cohen a présenté, il y a quelques jours aux habitants d'Empalot, le projet retenu après concours (et concertation) pour l'aménagement du quartier à l'horizon 2020. Comme nous l'annoncions en avant-première dans notre édition du 24 décembre 2009, c'est l'équipe Germe & JAM Atelier d'Architecture, auteur de grands projets de rénovation urbaine à Nantes, Paris ou Epinay-sur-Seine, qui a été retenu.

Nous revenons sur leur schéma d'aménagement présenté dans ses grandes lignes sous le titre d'Empalot-sur-Garonne. L'ouverture vers le fleuve en est une idée forte. Une esplanade-prairie de jeux reliera le mail actuel à la Garonne dont les berges seront aménagées en jardins (berge inférieure) et en quai supérieur de promenade urbaine reliant le centre ville. Une passerelle enjambera le fleuve, depuis cette esplanade, pour relier directement l'île du Ramier et ses installations sportives (Stadium, Parc des Sports/piscine Nakache, salle Mermoz, Parc des Expositions ou Central Parc futur). La voie pénétrante reliant le périphérique au centre en longeant le fleuve sera transformée en avenue urbaine dans cette optique.

Le démarrage de la rénovation se fera par la reconstruction d'un nouveau centre commercial, qui pourra constituer le point d'ancrage d'un véritable cœur de quartier animé, jusqu'à la station de métro. Le projet prévoit d'ouvrir Empalot sur deux axes, l'un est-ouest des berges de la Garonne jusqu'aux quartiers voisins de Niel et Saint-Agne, et l'autre qui rejoint Saint-Michel au nord et ouvre vers la Poudrerie au sud.

« Dès 2014, des transformations seront perceptibles sur le quartier avec l'amélioration des espaces de vie aux pieds des immeubles, la construction de nouveaux logements et équipements publics, la démolition des bâtiments 24 et 25 et la création - alors en cours - du nouveau centre commercial. Le mail paysager, poumon vert du quartier et promenade reliant immeubles, écoles, équipements sportifs, jeux et maison de quartier sera valorisé. De nouvelles constructions pourront s'y adosser sans démolitions préalables.

jeudi 4 février 2010

Les étudiants planchent sur la ville

Urbanisme. Les étudiants de l'école d'architecture ont proposé sept projets à la Ville concernant l'entrée Nord, intégrant le MIN de Lalande et le canal latéral à la Garonne. Leur réflexion sera utilisée par la Fabrique urbaine.



Ecoquartier. Le mot est tendance. Les promoteurs d'Andromède, la nouvelle ville « durable » qui se construit aux portes de Blagnac et Beauzelle, face à l'usine d'Aéroconstellation, se sont émus récemment d'avoir été « oubliés » par le classement national des écoquartiers. Le ministère de l'Environnement et du développement durable a en effet primé un projet grenoblois et de nombreux quartiers en France, mais aucun dans notre région.

La Ville rose et son agglomération ne manquent pourtant pas de projets à haute qualité environnementale (HQE) : Andromède, Balma, ou la Salade, près de la Barrière de Paris, à Toulouse, qui sera un premier test du futur écoquartier de la Cartoucherie.

« Le groupe scolaire Lucie Aubrac, HQE, sera le premier équipement public, dès la rentrée 2011, de la Salade », annonce Régis Godec, adjoint au maire (Vert) chargé des écoquartiers, qui travaille, en complémentarité avec Daniel Benyiahia, adjoint à l'urbanisme, pour présenter au conseil municipal une première délibération importante pour la Cartoucherie, au printemps.

Le lancement de la Fabrique urbaine a permis d'agiter les cerveaux des professionnels et de ceux qui s'intéressent à l'avenir urbain de Toulouse.

Les étudiants de l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Toulouse ne sont pas en reste. À l'initiative de Jean-Jacques Puyo, architecte et responsable de l'unité d'enseignement « projet urbain durable et habitat économe », des étudiants en Master (4e année) ont planché pendant six mois, par groupes de trois, sur sept projets d'« anticipation réaliste », à l'horizon 2020-2030, d'un écoquartier sur le secteur entre canal latéral à la Garonne, boulevards de Suisse et Silvio Trentin, Barrière de Paris, avenue des États-Unis et périphérique nord.

En 2008, ils avaient travaillé sur un secteur à urbaniser de Saint-Simon. Là, ils ont planché sur l'entrée Nord de Toulouse, « un secteur un peu déqualifié avec ses nombreux entrepôts, ses friches industrielles et son habitat dispersé, où l'enjeu est de reconstruire la ville sur elle-même en la densifiant », explique Régis Godec, à l'initiative de la commande. Les étudiants ont pointé du doigt, dans leurs projets très divers, divers manques du secteur (crèche, structure de lycée complémentaire, stade et équipements sportifs, habitat groupé) et insisté sur la mise en valeur des bords de canal, en déshérence, la création de centralités ou l'importance des transports en commun et des modes doux (piéton, cycles). Ils ont présenté, jeudi dernier, leurs travaux à Daniel Benyahia, Régis Godec et Jean-Michel Fabre (l'élu municipal du secteur), qui ont proposé d'intégrer leur réflexion à celle de la Fabrique urbaine. Les apprentis architectes ont aussi défendu leurs projets devant un jury de quatre enseignants de l'Ensat, dont l'urbaniste Louis Canizarès.

Philippe Emery












jeudi 28 janvier 2010

L'Atrium : clinique de verre



Urbanisme. La clinique Pasteur, spécialisée notamment en cardiologie et cancérologie, vient d'ouvrir une annexe de jour à l'architecture fonctionnelle, mais transparente, ouverte et tournée vers le confort des patients.

Une élégante passerelle de verre vert, finement enchâssée dans une structure de métal sombre, enjambe l'entrée du nouvel Atrium, annexe de la clinique Pasteur ouverte au début de l'année 2009. L'immeuble abritant l'établissement médical présente une façade recouverte de brique rouge, largement ouverte sur de grandes baies vitrées alternant verre transparent et verre opaque vert. L'accès à la passerelle se fait par un bloc regroupant ascenseurs et escaliers, recouvert de carreaux blancs qui tranchent avec le rose et le vert du reste de l'établissement.

L'immeuble est construit autour de deux patios paysagers. « L'Atrium accueille six bunkers (dont cinq équipés d'accélérateurs de particules) destinés au traitement anticancéreux par radiothérapie », explique Dominique Pon, directeur adjoint et futur directeur (à la fin de l'année 2010) de la clinique. « Nous avons choisi, avec les architectes du cabinet Coucoureux de Toulouse, de ne pas enterrer ces bunkers comme cela se fait dans ce type d'établissement, pour des raisons d'économie, mais de les laisser en rez-de-chaussée et de les entourer d'une sorte de maison de verre plus agréable pour les patients ».

Les bunkers aux murs de béton baryté de plus d'un mètre d'épaisseur permettent de traiter cinq patients en même temps et jusqu'à 230 par jour. La nouvelle annexe de la clinique est consacrée à la chimiothérapie et à la radiothérapie ambulatoires, sur deux des quatre niveaux de 2000 m2 chacun. Le dernier étage en cours de finition abritera des locaux pour petites interventions, toujours en ambulatoire, d'ophtalmologie, gastro-entérologie, pneumologie, urologie et système digestif. Ouverture prévue début 2011.

Les patients de cet hôpital de jour viennent effectuer leur traitement et repartent dans la journée. En radio, le traitement moyen ne dépasse pas les 45 minutes. Les couloirs d'attente, alliant des matières chaudes comme le bois à des couleurs inédites comme le vert pastel, avec beaucoup de lumière naturelle, agrémentés d'aquarium et de plantes vertes, sont très agréables. À l'intérieur des bunkers, un plafond de verre lumineux sérigraphié figure un ciel bleu et des nuages. L'accès à la clinique est direct depuis la gare SNCF et métro des Arènes et un parking public (concédé à Vinci) propose 570 places (dont plusieurs en sous-sol réservées au personnel). Cette annexe créée au bout de la rue de la Petite Vitesse sur des réserves foncières de la clinique Pasteur a nécessité un investissement de 30M€ (hors matériel médical).

Philippe Emery

jeudi 7 janvier 2010

Aéroport de Blagnac : un parking très aérien



Urbanisme. L'aéroport de Toulouse-Blagnac va se doter d'un nouveau parc de stationnement couvert de 3 200 places mis en service en 2011. Très soucieux de l'environnement, ce silo à autos donnera accès direct au futur hall D.

L'aéroport Toulouse-Blagnac vient de lancer la construction d'un nouveau parking de proximité. Ce parc autos de sept étages sera bâti entre les P2 et P3 existants et offrira 3 200 places nouvelles. Ce silo offrira, à sa mise en service prévue au printemps 2011, un accès direct au nouveau Hall D, auquel il fera face.

L'architecte parisien François Gillard, lauréat après concours, a conçu ce projet à forte empreinte environnementale. L'architecte fait figure de spécialiste en la matière avec la réalisation du lycée Kyoto de Poitiers (qui respecte à la lettre les prescriptions du sommet japonais qui avait précédé Copenhague) et son projet, en cours, de lycée en énergie positive à Bergerac. À son actif aussi, un hôpital bioclimatique en Guadeloupe.

« On travaille systématiquement sur l'économie d'énergie. Ici, surtout sur l'optimisation de l'éclairage avec des ouvertures importantes pour bénéficier au maximum de la lumière naturelle (et aussi satisfaire aux nouvelles normes incendie) et offrir une ventilation naturelle. La détection de présence est utilisée tandis que des panneaux photovoltaïques devraient équiper le toit, dans le cadre d'une réflexion globalisée de l'aéroport sur ce type d'énergie », explique l'architecte.

une lame métallique reflète le ciel

Dans la continuité avec le silo existant à côté (P3), la façade a été particulièrement travaillée. « Une lame métallique (en acier inox) reflétant le ciel assure la continuité, marquant l'entrée de l'aéroport. La conception intérieure favorise un accès le plus rapide possible à une place libre et, ensuite, au hall d'embarquement. Les trois rampes d'accès sont renvoyées en façade, donnant un aspect de « peau qui ondule » à celle-ci », poursuit François Gillard, « la signalétique et la circulation piétonne ont aussi été très travaillées, de même que la lisibilité ».

La structure en acier, assez fine, est apparente, « dans une volonté de vérité des structures, matériaux et assemblage, sans effet d'habillage ou artifices ». Le revêtement anti dérapant des pistes de circulation faisait partie du cahier des charges, afin d'éviter tout problème en cas d'intempéries, comme il s'en était produit à l'ouverture du silo précédent.

François Gillard appartient à la SCAU (société de conception, architecture et urbanisme), groupement d'architectes ayant réalisé le Stade de France ou le pont levant de Rouen, actuellement en charge du futur bâtiment central de l'hôpital Purpan. Il est assisté sur le projet de parking de l'aéroport par l'architecte toulousain Pierre Azéma et le bureau d'études Y Ingénierie.

Philippe Emery

jeudi 17 décembre 2009

La maison sera intelligente




Urbanisme. Première nationale à l'IUT de Blagnac, on étudie et on imagine la maison de demain capable de s'adapter aux besoins d'habitants dépendants, âgés ou handicapés. Des bungalows témoins seront érigés pour Pâques 2010.

« Imaginez qu'on puisse mettre au point une poignée de porte capable de vous prendre la température quand vous l'actionnez, de même que le degré d'hygrométrie et diverses données sur votre santé ou votre état de forme». Le propos lancé par Xavier Daran, responsable du département 2A2M (aide et assistance pour le monitoring et le maintien à domicile) de l'IUT de Blagnac lève le voile sur le champ des possibilités qu'offrent la domotique et la robotique pour rendre nos maisons intelligentes.

C'est le but poursuivi depuis 2008 par l'IUT blagnacais qui a lancé, en liaison avec l'Université de Toulouse-Mirail, sur une idée d'Alain Costes (club Réussir), cette formation inédite en France, destinée à développer et expérimenter des systèmes d'aide et d'assistance pour permettre la prise en charge à distance, à la maison, de personnes dépendantes, malades, âgées ou handicapés.

Une démarche innovante mêlant métiers technologiques (informatique, électronique, systèmes embarqués, télécoms) et sciences humaines (étude des comportements humains, psychologie, sociologie) et faisant appel aux compétences d'universitaires, d'industriels, de centres hospitaliers et de services d'aides à la personne.

«Maison» définitive en 2012

Une démarche qui a abouti à un diplôme (DUT), «non sans mal car le diplôme était nouveau dans un secteur qui n'existait pas mais grâce au soutien du ministère», selon Daniel Filâtre, président de l'Université du Mirail. La première promotion doit sortir en juin 2010 (24 élèves suivent ce cursus).

La première «maison intelligente» en France devrait être inaugurée à l'IUT pour Pâques 2010. Bernard Keller, le maire de Blagnac, s'est engagé à acheter les bungalows de la première phase (environ 150 000 €), transitoire, de cette opération, offrant un appartement de 80m2 et un espace de formation de 40 m2 sur le site de l'IUT, en bordure du tramway. La deuxième phase (5 M€) aboutira à une plate-forme définitive en dur sur 800 m2 du même site pour 2012.

Le tour de table financier n'est pas bouclé mais des partenaires nationaux, notamment dans le domaine de la construction et des télécoms, devraient être intéressés par cette démarche novatrice.

Philippe Emery


Capteurs et satellite

Les chercheurs et formateurs du département 2A2M de l'IUT de Blagnac travaillent sur de nombreuses pistes, comme la localisation par satellite de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer en cas de fugue à l'extérieur mais aussi sur leur localisation à l'intérieur de la maison intelligente, grâce à des capteurs électroniques. Eric Campo, professeur des université s, enseignant en électronique à l'IUT et chercheur au Laas (intégration des systèmes) nous en dit un peu plus sur les pistes en cours d'exploration : «On parlait jusqu'ici de la domotique un peu comme un gadget pour des gens bien portant en matière de sécurité ou de confort. Il s'agit dans le cadre de notre démarche de chercher des applications directement utiles, pas forcément coûteuses. La gestion intelligente des données concernant l'éclairage, le chauffage, l'utilisation des appareils ménagers, la localisation des habitants dans le logement, peuvent permettre de lancer des alertes ou de gérer à distance des malades».

Photo : La «maison intelligente» expérimentera dès le printemps 2010 les dernières découvertes en matière de domotique et robotique sur le site de l'IUT de Blagnac, en bordure de tramway. Une deuxième tranche agrandira la plate-forme expérimentale en 2012. Esquisse Mairie de Blagnac.

jeudi 10 décembre 2009

Gravé dans le béton



Urbanisme. Les façades de la nouvelle bibliothèque universitaire de Paul-Sabatier dessinent de vastes fresques en noir et blanc visibles en fonction de la luminosité et de la position de l'observateur. Grâce à un procédé original.<br />
La fresque réinventée. Gravée dans le béton. La nouvelle bibliothèque universitaire Paul-Sabatier propose ce nouveau concept depuis fin 2008. L'extension du bâtiment original, un cube rectangulaire plat dont le plus grand côté mesure 65 mètres de large sur 7 mètres de haut, est recouverte d'images en noir et blanc qui apparaissent sur ses façades en fonction de la luminosité et de la position de l'observateur.

Vous pourrez vous amuser à reconnaître Paul Sabatier, Louis Pasteur, Marie Curie, la fusée Ariane, un avion pionnier ou un match de rugby sur le nouveau bâtiment au cœur du campus universitaire de Rangueil. Des personnages scientifiques qui ont marqué l'Histoire et des enseignements dispensés dans la faculté des sciences toulousaine. Une image qui évolue selon l'endroit depuis lequel on la regarde.

« On a utilisé le procédé de béton photo gravé, qui existe déjà mais qui n'a jamais été appliqué à ma connaissance dans de telles dimensions et à des images », explique Richard Milani, l'architecte toulousain associé avec Vincent Espagno, dont le cabinet a conçu le projet original : « On a pris des images transformées par un logiciel en béton gravé en rainures verticales plus ou moins profondes. La profondeur crée une ombre portée qui fait apparaître les images. Le passage de l'image de départ au béton gravé se fait grâce à des moules en contreplaqué et à de la mousse en néoprène utilisés pour le coulage du béton ».

Procédé inédit

Un procédé inédit dont les effets ont séduit les étudiants du campus. Le nouveau bâtiment terminé fin 2007 porte la superficie totale de la bibliothèque à 9 500 m2 et sa capacité d'accueil de 480 à 939 places.

L'extension créée s'accroche au bâtiment existant dans le respect de la trame orthogonale du campus. C'est une boîte rectangulaire dont le volume supérieur en béton apparaît comme soulevé au-dessus du rez-de-chaussée entièrement vitré. Les espaces de consultation sont organisés sur deux niveaux autour d'un vide central éclairé par des sheds. L'ensoleillement direct est évité. L'absence de cloisonnement favorise le libre accès aux fonds documentaires.

Le bâtiment original construit par E.F. Chabanne en 1965, abritant notamment les magasins sur huit niveaux est entièrement restructuré. Les travaux, en cours, se termineront au printemps 2010. L'extension de 1970, sans aucun intérêt architectural, a été démolie.

Le projet global, porté par la région avec des financements du Département et de l'État, a nécessité un investissement de 8,5 millions d'€.

Le cabinet Espagno-Milani est l'auteur de l'importante extension de l'Hôtel du département, en cours de construction à côté du bâtiment initial boulevard de la Marquette. Il a remporté récemment des concours pour réaliser des logements sociaux pour Habitat Toulouse (l'ex Opac) à Borderouge Nord et Balma-Gramont, va construire des logements sur la zone de Tibaous et travaille à la conception de la future unité hospitalière spécialisée de Marchant qui présentera la particularité d'associer psychiatrie et carcéral.

Philippe Emery

jeudi 3 décembre 2009

Bureaux verts à la mutuelle Intériale-Balma



Les bureaux du centre territorial sud d'Intériale, mutuelle des agents publics, seront inaugurés aujourd'hui à 17 heures à Balma. Née en 2008 de la fusion des mutuelles MGPAT, MMI et SMPPN, Intériale emploient 500 collaborateurs dans ses trois centres de Lille, Pantin et Toulouse/Balma. Les nouveaux locaux de Balma abritent 130 personnes depuis mi-octobre.

L'immeuble conçu par l'architecte Philippe Lapeyre, se sompose de deux bâtiments, d'une surface totale de 8 500 m2. De haute qualité environnementale, il privilégie les matériaux recyclables et les énergies renouvelables. La construction privilégie le verre et l'aluminium, les faux plafonds sont recyclables à 100 % et l'énergie en partie fournie par le soleil.

« L'opération représente un investissement de 21 M€», informe Laurent Hardy-Dessources, directeur général d'Intériale. «Le premier bâtiment accueille nos équipes, le second est proposé à la location. L'utilisation des énergies renouvelables apportera une meilleure maîtrise des coûts de fonctionnement. »

Engagé en 2007, le programme immobilier a été piloté par Pitch Promotion. Créée il y a quatre ans, l'antenne Sud-ouest du promoteur est en charge de la réhabilitation du Grand Hôtel, rue de Metz, et dela construction des bureaux Premium, à Balma,un ensemble de trois bâtiments HQE d'une surface de 13 600 m2.