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jeudi 11 mars 2010

Un quartier écolo et métro



Urbanisme. La construction de l'écoquartier de Buchens est lancée ce jour à Ramonville. 406 logements sociaux, en accession ou étudiants, des bureaux, commerces et espaces verts à l'horizon 2011-2013 autour du terminus métro.

En cette période de développement durable et de réchauffement climatique, les projets d'écoquartiers poussent comme des champignons, dans l'agglomération toulousaine comme ailleurs. Andromède à Blagnac, Vidailhan à Balma, bientôt la Cartoucherie à Toulouse, chacun revendique la primeur et le label écologique.

L'écoquartier de Buchens au terminus métro de Ramonville (ligne B) est lancé aujourd'hui officiellement. Il s'étendra à l'horizon 2011 (1re tranche)-2013 (livraison finale) sur 4,2 ha de superficie, au pied de la nouvelle caserne des pompiers ultramoderne et du métro, bordés par le canal du Midi et le petit bois rendu célèbre par son triton marbré, à deux pas de l'Université Paul-Sabatier, de Rangueil, des zones d'activités du Parc du canal ou de Lespinet. Un emplacement stratégique à la frontière de Toulouse et Ramonville qui permet de privilégier l'éco-mobilité.

« Un écoquartier, c'est d'abord un quartier bien desservi en transports en commun et avec une forte densité, ici on est à 100 logements à l'hectare », confie Bertrand Bourrus, directeur général de la SA HLM des Chalets. L'organisme social, émanation du conseil général (qui détient 66 % de son capital) est l'aménageur global du projet où interviennent divers partenaires : promoteurs privés et autres organismes HLM. « C'est, je crois, une première qu'un organisme HLM joue ce rôle dans ce type d'opération », commente le responsable. L'urbaniste Capterre a été choisi sur appel à projet pour coordonner le programme avec l'architecte paysagiste albigeoise Labarthe.

Le projet prévoit 406 logements, dont 40 % de HLM, en locatif (86 pour SA HLM des Chalets et 39 de Colomiers Habitat) et en location/accession sociale à la propriété (129 logements des Cha-

lets), une résidence étudiante (98 studios) du Nouveau Logis Méridional, et

du logement privé (52 logements en accession privée à la propriété-Promo Midi).  Il s'agit d'immeubles dont la hauteur va de R + 3 à R + 7. Les surfaces sont comprises entre des studios étudiants de 16 m2 et du T1 au T5 pour le reste.

L'écoquartier comprendra aussi 6 000 m2 de bureaux et 600 m2 de commerces (moitié surface de vente et moitié services), ainsi que des équipements publics (crèche, salle de quartier), un hôtel (deux étoiles + ou trois étoiles) et un restaurant (ouvert le soir) autour d'un mail et d'une place centrale « villageoise » et à proximité d'espaces verts et du canal.

« Le projet a été lancé par la mairie de Ramonville, du temps de Pierre Cohen, la commune étant propriétaire du terrain qu'elle nous a vendu », explique Bertrand Bourrus, « on arrive à un tarif de vente moyen très attractif de 2 265 € le m2 alors que le prix du marché à Ramonville tourne autour des 3 000 €». Une bulle de vente est installée sur place.

Les bâtiments sont à basse consommation (BBC, norme obligatoire à partir de 2012) avec chauffage collectif au gaz, eau chaude sanitaire solaire, récupération de l'eau de pluie (pour l'arrosage public) et quelques terrasses végétalisées, ou à très hautes performances énergétiques (THPE). L'écoquartier pionnier de Pierre Cohen… à Ramonville verra ses premiers immeubles livrés fin 2011 et la totalité fin 2013.

Légende photo : Les architectes des différents programmes sont les Toulousains de l'Agence Martinie (bâtiment B), Mercato pour A & A associés (bât. C et D), Puig Pujol pour Icade (bureaux, hôtel, restaurant) et les Montpelliérains Cusy Maraval Architectes (bât. E)

jeudi 4 mars 2010

Rue Alsace : avec ou sans arbres



Urbanisme. La rue Alsace-Lorraine va être réaménagée d'ici 2 012 sous le pilotage de l'architecte-urbaniste Bruno Fortier. Les travaux de réseaux sont en cours. Faut-il réimplanter des arbres sur cet axe minéral et haussmannien ?

Attention, débat. Chez les architectes et les amoureux de vieille pierre (ou brique) en général et de Toulouse en particulier, la guerre fait rage entre les « anti » et les « pro ». Pour ou contre les arbres rue Alsace-Lorraine. La question peut avoir l'air un peu futile en ces temps de crise économique et de catastrophe(s) plus ou moins climatique(s). Elle est pourtant bien d'actualité et déclenche des avis contradictoires et tranchés qui peuvent vous empoisonner un repas comme la question de savoir s'il faut garder la voix occitane dans le métro ou s'il faut subventionner les sociétés privées de parking pour maintenir le tarif de nuit.

Le débat a été relancé par la présentation du projet de réaménagement de la rue. Finis les bouleaux introduits lors de l'aménagement provisoire, la version « Moudenc » de la rue. « Dans le projet de départ, il n'y avait pas d'arbres », rappelle l'architecte urbaniste Pierre Roca d'Huyteza, « mais il y a une forte demande des gens et le maire nous a demandé d'introduire des arbres. On ne pouvait les mettre en pleine terre vu le caractère provoisoire, on a choisi des bouleaux en pots, assez graphiques, peu encombrants ». Le projet actuel, version « Cohen », dont les travaux commencent, prévoit de remplacer les bouleaux par des petits groupes d'arbres. Chez les « anti »

Côté opposants, c'est simple : « La rue Alsace-Lorraine n'a pas été pensée avec des arbres, c'est une percée haussmannienne, les arbres y sont un obstacle à la perspective, la rue ne respire plus », résume Marie-Martine Lissarrague, architecte et présidente de l'Ordre régional des architectes Midi-Pyrénées. Même avis pour son confrère Marc-Paul Zavagno : « La rue Alsace est trop étroite, ce n'est pas un boulevard comme à Paris, qui supporte des plantations de chaque côté, c'est une sorte de canyon, on ne fait pas pousser des arbres au fond d'un canyon ».

L'urbaniste du projet actuel, Bruno Fortier, tout en reconnaissant l'aspect minéral et « élancé » de la percée hausmannienne « dont chaque immeuble est un événement », adopte une position médiane : « Dans l'absolu, je serais plutôt contre les arbres ici. Mais il fait chaud l'été à Toulouse. Nous avons choisi d'implanter des petits groupes d'arbrisseaux, des cépées qui offrent un peu d'ombre et donc de fraîcheur sans être aussi hauts que les bouleaux ».

Roger, un vieux Toulousain, tranche : « Un peu d'ombre, c'est bien. Mais des bistrots rue Alsace, ce serait mieux, plutôt que des banques et des marchands de téléphone ».



La Ville rose pas assez verte et bleue

La Ville rose n'est-elle pas assez verte ? Toulouse manque-t-elle d'arbres, d'espaces verts, de parc pour courir, d'allées le long de la Garonne ou du canal ? Certains trouvent la place du Capitole trop minérale. Claude Sicre et le comité de quartier d'Arnaud-Bernard réclament pour la place du même nom un « arbre à palabres », sans succès depuis des années voire des décennies. Quel que soit le maire, de Baudis à Cohen en passant par Douste-Blazy et Moudenc, personne n'a suivi cette idée originale d'un lieu végétal et ombré qui aurait aussi été convivial, voire artistique.

Riverains et associations protestent à Toulouse dès qu'on touche à des arbres parfois trop vieux ou malades, comme récemment lors de l'aménagement de la place Olivier (en cours) à Saint-Cyprien. « C'est un faux débat, lance Pierre Roca d'Huyteza, Toulouse est la dernière ville à ne pas avoir reconquis son fleuve et son canal, à la différence de Lyon, Bordeaux ou Nantes. On a 15 ans de retard. Alors, on veut mettre des arbres là où ce n'est pas indispensable, en plein centre ville ».

La nouvelle municipalité a lancé une réflexion sur ce domaine dans le cadre de la Fabrique urbaine avec un plan Garonne dont on est aux prémisses. Il y a aussi le projet de déménager le Parc des Expos du Ramier à Beauzelle pour créer sur l'île un vaste Central Park à la toulousaine. « Le projet Garonne doit s'étendre sur plusieurs kilomètres, de Fenouillet à Muret, c'est un travail en profondeur sur les quartiers qui doit être réalisé pour les tourner vers le fleuve. Ce n'est pas juste un parc naturel au Ramier ».

jeudi 25 février 2010

Une arche pour la recherche



Urbanisme. La future École d'Économie de Toulouse, pôle international des chercheurs de l'Université Capitole (sciences sociales), dessinée par des architectes irlandaises, marquera en 2013 l'ouverture de la fac sur Saint-Pierre.

Un bijou architectural dans son écrin. C'est un peu l'impression que donne le projet d'École d'Économie de Toulouse présenté mardi soir à l'Îlot 45-Maison de l'Architecture (lire ci-dessous). L'étonnant bâtiment imaginé par les architectes irlandaises de Grafton Architects abritera, en 2013, la crème des chercheurs en économie, sur quelque 10 000 m2 et cinq étages, aux portes du cœur historique de la Ville rose, au bord du canal de Brienne et à deux pas de la Garonne.

L'Université de Toulouse 1-Capitole lance, avec la construction programmée de ce nouvel immeuble une opération de « chaises musicales », comme l'explique Bruno Sire, son président : « Les économistes actuellement à la Manufacture des Tabacs vont investir les nouveaux locaux de l'école d'économie, les chercheurs en droit les y remplaceront, de même que l'IEP (Sciences Po-NDLR) qui déménagera à la Manufacture en s'agrandissant (sur 7 000 m2). L'IAE (Institut d'administration des entreprises) s'installera dans les actuels locaux de l'IEP (sur 3 500 m2) ».

L'écrin, c'est ce site à l'entrée sud du domaine universitaire, à la place du parking et de l'entrée actuelle de la cité universitaire de l'Arsenal, au dos de l'église de Saint-Pierre-des-Cuisines et à côté du vieux rempart de l'Arsenal, entre canal et fleuve.

Un site « extraordinaire, unique », commente Shelley Mc Namara, l'une des deux architectes irlandaises du cabinet Grafton, lauréat du concours lancé en mai 2009 par l'Université (1). Des architectes tombées sous le charme de Toulouse, « avec ses tours étranges et ses cours d'hôtels particuliers » : « On a voulu transposer les éléments de l'histoire de l'architecture toulousaine dans un bâtiment contemporain », poursuit Shelley Mc Namara, « on a imaginé un bâtiment à la fois vertical et horizontal, qui se regarde du dehors et qui regarde vers le dehors ».

D'où un immeuble à la structure complexe de trois corps reliés entre eux, qui semble à la fois fermé et ouvert, mêlant mur vertical de brique, tourné vers la Garonne, claustras et larges ouvertures permettant un point de vue permanent, depuis l'intérieur, vers l'extérieur.

« Nous voudrions que ces chercheurs qui vont penser à sauver le monde de la crise puissent, à tout instant, depuis leurs bureaux, être en relation profonde avec leurs collègues et avec le monde extérieur », lance Yvonne Farrell, l'autre architecte de Grafton, qui souhaite avoir « conçu un bâtiment - ouvert - qui puisse avoir un effet sur la façon dont on  pense » et le décrit comme « une sorte de cadran solaire qui voit passer le temps jour après jour, heure après heure ».

Le projet, d'un coût total de 33,75 M€, bénéficiera d'une subvention de 5 M€ de la Région.

1-Deux autres équipes d'architectes avaient été retenus parmi 61 candidats de toute l'Europe : les Allemands d'Auer et Weber, associés au Toulousain Fabrice Ginocchio, et les Toulousains Bernard et Raphaël Voinchet de W-architectures.


jeudi 18 février 2010

Sortir le Mirail du ghetto



Urbanisme. Trois équipes d'architectes, paysagistes, sociologues et experts urbains et de sécurité planchent sur la restructuration de Reynerie dans le cadre du grand projet de ville. En concertation avec la population et la faculté.

Côté atouts : un site exceptionnel autour du lac de la Reynerie, beaucoup d'espaces verts, la proximité de l'Université du Mirail et du périphérique, une desserte idéale par le métro (stations Mirail-Université, Reynerie, Bellefontaine), un bâti de qualité.

Côté handicaps : une mauvaise réputation, un méga taux de chômage (notamment chez les jeunes), une concentration des exclusions et des origines, une architecture refermée sur elle-même (les défenseurs de Candilis, le père du Mirail, diront que c'est parce son projet n'a pas été jusqu'au bout), du béton omniprésent et l'effet de barres avec les interminables coursives qui donnent l'impression aux habitants d'habiter directement sur la rue.

Le Grand Projet de Ville a déclenché un processus de réflexion, amené des crédits importants, conduit à des démolitions d'immeubles (1 000 logements détruits) ouvrant certaines perspectives.

La Ville de Toulouse et le Grand Toulouse ont décidé d'aller plus loin en lançant un grand concours d'urbanisme pour repenser le quartier et l'ouvrir sur le reste de la ville et notamment la faculté proche.

Trois équipes d'architectes-urbanistes, paysagistes, sociologues, experts de la ville et de la sécurité, ont été retenues pour travailler sur un projet en liaison avec la population et les associations. Autour de Bernard Paris (Lyon) et du paysagiste Alain Marguerit, des Parisiens Christian Devillers et Jean-Marc Gaulier (Urbicus). Ils rendront leur copie fin avril, respectant un cahier des charges de 30 pages ; l'équipe lauréate sera désignée avant l'été, pour une mise en œuvre d'ici 2013 et des orientations jusqu'en 2025.

Benoît Zeller, directeur du GPV, a rappelé les points clés du projet, lors d'une récente présentation des architectes à la population : faire de la place Abbal le cœur du quartier, reconstituer un îlot cohérent autour du Petit Varèse, réorganiser les secteurs de la rue de Kiev et de Glück-Auriacombe, les circulations et les entrées du quartier, créer un maillage culturel réunissant la Fabrique culturelle de la fac, le château de Reynerie et son parc, la bibliothèque Lizop, le futur équipement culturel de la place Abbal dédié à l'image et le centre Alban-Minville à Bellefontaine, réinvestir sur le bâti conservé, requalifier les espaces extérieurs et prévoir la reconstruction (700 logements déjà identifiés).

Les habitants, eux, s'interrogent sur la diversité du quartier, ce qu'on garde ou pas de Candilis, l'avenir des dalles (celle de la fac notamment), la lutte contre la concentration des pauvretés et des exclusions, etc. Le débat ne fait que commencer.


Les urbanistes : travailler avec la population


Les questions de la liaison avec l'Université, du comment attirer une population étudiante et une population de jeunes travailleurs et des ménages ne pourront pas être éludées. De même que celles de l'accompagnement social et éducatif ou de l'ouverture et la pérennisation de vrais centres commerciaux et d'animation (pourquoi n'y a-t-il pas de bars ou de restaurants ?).

Les architectes ont commencé de débattre avec certains habitants lors de la rencontre récente à la Fabrique. Ils ont tenté d'exposer leurs conceptions du travail qui les attendait dans ce secteur sensible, qui a aussi une histoire.

« On devra concevoir un projet durable et mobiliser les ressources des habitants », a insisté Jean-Marc Gaulier, de l'agence parisienne Urbicus (installée à Versailles). Cet urbaniste qui travaille beaucoup l'aménagement paysager a notamment aménagé la place d'Arianne à Marne la Vallée ou dirigé le projet de renouvellement urbain de Vandoeuvre les Nancy.

Pour le Lyonnais Bernard Paris, associé à Alain Marguerit (tous deux choisis pour le projet d'écoquartier de la Cartoucherie à Toulouse), « il n'y a pas de projet idéal, mais un travail avec les habitants ». Cette équipe a aussi beaucoup travaillé sur les grands ensembles à travers toute la France et notamment sur la barre des 1000 à La Duchère. Elle a aussi signé le réaménagement urbain récent de la place de Jaude à Clermont-Ferrand.

Christian Devillers et associés a évoqué le « génie du lieu » ou la dimension paysagère du projet. Ce cabinet a travaillé sur de nombreux projets de quartiers, renouvellement urbain et équipements publics, à Evry, Saint-Denis, Orly, Rouen, Nantes ou Paris et aussi sur la Zac des Berges du Lac à Bordeaux ou à Andromède à Blagnac/Beauzelle.

jeudi 11 février 2010

Empalot, quai de Garonne



Urbanisme. Le projet de Germe et JAM, architectes choisis après concours, veut réorienter ce quartier proche du centre vers le fleuve et l'ouvrir aussi vers le reste de la ville à horizon 2020. Deux barres seront démolies et la place refaite.

Le maire Pierre Cohen a présenté, il y a quelques jours aux habitants d'Empalot, le projet retenu après concours (et concertation) pour l'aménagement du quartier à l'horizon 2020. Comme nous l'annoncions en avant-première dans notre édition du 24 décembre 2009, c'est l'équipe Germe & JAM Atelier d'Architecture, auteur de grands projets de rénovation urbaine à Nantes, Paris ou Epinay-sur-Seine, qui a été retenu.

Nous revenons sur leur schéma d'aménagement présenté dans ses grandes lignes sous le titre d'Empalot-sur-Garonne. L'ouverture vers le fleuve en est une idée forte. Une esplanade-prairie de jeux reliera le mail actuel à la Garonne dont les berges seront aménagées en jardins (berge inférieure) et en quai supérieur de promenade urbaine reliant le centre ville. Une passerelle enjambera le fleuve, depuis cette esplanade, pour relier directement l'île du Ramier et ses installations sportives (Stadium, Parc des Sports/piscine Nakache, salle Mermoz, Parc des Expositions ou Central Parc futur). La voie pénétrante reliant le périphérique au centre en longeant le fleuve sera transformée en avenue urbaine dans cette optique.

Le démarrage de la rénovation se fera par la reconstruction d'un nouveau centre commercial, qui pourra constituer le point d'ancrage d'un véritable cœur de quartier animé, jusqu'à la station de métro. Le projet prévoit d'ouvrir Empalot sur deux axes, l'un est-ouest des berges de la Garonne jusqu'aux quartiers voisins de Niel et Saint-Agne, et l'autre qui rejoint Saint-Michel au nord et ouvre vers la Poudrerie au sud.

« Dès 2014, des transformations seront perceptibles sur le quartier avec l'amélioration des espaces de vie aux pieds des immeubles, la construction de nouveaux logements et équipements publics, la démolition des bâtiments 24 et 25 et la création - alors en cours - du nouveau centre commercial. Le mail paysager, poumon vert du quartier et promenade reliant immeubles, écoles, équipements sportifs, jeux et maison de quartier sera valorisé. De nouvelles constructions pourront s'y adosser sans démolitions préalables.

jeudi 4 février 2010

Les étudiants planchent sur la ville

Urbanisme. Les étudiants de l'école d'architecture ont proposé sept projets à la Ville concernant l'entrée Nord, intégrant le MIN de Lalande et le canal latéral à la Garonne. Leur réflexion sera utilisée par la Fabrique urbaine.



Ecoquartier. Le mot est tendance. Les promoteurs d'Andromède, la nouvelle ville « durable » qui se construit aux portes de Blagnac et Beauzelle, face à l'usine d'Aéroconstellation, se sont émus récemment d'avoir été « oubliés » par le classement national des écoquartiers. Le ministère de l'Environnement et du développement durable a en effet primé un projet grenoblois et de nombreux quartiers en France, mais aucun dans notre région.

La Ville rose et son agglomération ne manquent pourtant pas de projets à haute qualité environnementale (HQE) : Andromède, Balma, ou la Salade, près de la Barrière de Paris, à Toulouse, qui sera un premier test du futur écoquartier de la Cartoucherie.

« Le groupe scolaire Lucie Aubrac, HQE, sera le premier équipement public, dès la rentrée 2011, de la Salade », annonce Régis Godec, adjoint au maire (Vert) chargé des écoquartiers, qui travaille, en complémentarité avec Daniel Benyiahia, adjoint à l'urbanisme, pour présenter au conseil municipal une première délibération importante pour la Cartoucherie, au printemps.

Le lancement de la Fabrique urbaine a permis d'agiter les cerveaux des professionnels et de ceux qui s'intéressent à l'avenir urbain de Toulouse.

Les étudiants de l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Toulouse ne sont pas en reste. À l'initiative de Jean-Jacques Puyo, architecte et responsable de l'unité d'enseignement « projet urbain durable et habitat économe », des étudiants en Master (4e année) ont planché pendant six mois, par groupes de trois, sur sept projets d'« anticipation réaliste », à l'horizon 2020-2030, d'un écoquartier sur le secteur entre canal latéral à la Garonne, boulevards de Suisse et Silvio Trentin, Barrière de Paris, avenue des États-Unis et périphérique nord.

En 2008, ils avaient travaillé sur un secteur à urbaniser de Saint-Simon. Là, ils ont planché sur l'entrée Nord de Toulouse, « un secteur un peu déqualifié avec ses nombreux entrepôts, ses friches industrielles et son habitat dispersé, où l'enjeu est de reconstruire la ville sur elle-même en la densifiant », explique Régis Godec, à l'initiative de la commande. Les étudiants ont pointé du doigt, dans leurs projets très divers, divers manques du secteur (crèche, structure de lycée complémentaire, stade et équipements sportifs, habitat groupé) et insisté sur la mise en valeur des bords de canal, en déshérence, la création de centralités ou l'importance des transports en commun et des modes doux (piéton, cycles). Ils ont présenté, jeudi dernier, leurs travaux à Daniel Benyahia, Régis Godec et Jean-Michel Fabre (l'élu municipal du secteur), qui ont proposé d'intégrer leur réflexion à celle de la Fabrique urbaine. Les apprentis architectes ont aussi défendu leurs projets devant un jury de quatre enseignants de l'Ensat, dont l'urbaniste Louis Canizarès.

Philippe Emery












jeudi 28 janvier 2010

L'Atrium : clinique de verre



Urbanisme. La clinique Pasteur, spécialisée notamment en cardiologie et cancérologie, vient d'ouvrir une annexe de jour à l'architecture fonctionnelle, mais transparente, ouverte et tournée vers le confort des patients.

Une élégante passerelle de verre vert, finement enchâssée dans une structure de métal sombre, enjambe l'entrée du nouvel Atrium, annexe de la clinique Pasteur ouverte au début de l'année 2009. L'immeuble abritant l'établissement médical présente une façade recouverte de brique rouge, largement ouverte sur de grandes baies vitrées alternant verre transparent et verre opaque vert. L'accès à la passerelle se fait par un bloc regroupant ascenseurs et escaliers, recouvert de carreaux blancs qui tranchent avec le rose et le vert du reste de l'établissement.

L'immeuble est construit autour de deux patios paysagers. « L'Atrium accueille six bunkers (dont cinq équipés d'accélérateurs de particules) destinés au traitement anticancéreux par radiothérapie », explique Dominique Pon, directeur adjoint et futur directeur (à la fin de l'année 2010) de la clinique. « Nous avons choisi, avec les architectes du cabinet Coucoureux de Toulouse, de ne pas enterrer ces bunkers comme cela se fait dans ce type d'établissement, pour des raisons d'économie, mais de les laisser en rez-de-chaussée et de les entourer d'une sorte de maison de verre plus agréable pour les patients ».

Les bunkers aux murs de béton baryté de plus d'un mètre d'épaisseur permettent de traiter cinq patients en même temps et jusqu'à 230 par jour. La nouvelle annexe de la clinique est consacrée à la chimiothérapie et à la radiothérapie ambulatoires, sur deux des quatre niveaux de 2000 m2 chacun. Le dernier étage en cours de finition abritera des locaux pour petites interventions, toujours en ambulatoire, d'ophtalmologie, gastro-entérologie, pneumologie, urologie et système digestif. Ouverture prévue début 2011.

Les patients de cet hôpital de jour viennent effectuer leur traitement et repartent dans la journée. En radio, le traitement moyen ne dépasse pas les 45 minutes. Les couloirs d'attente, alliant des matières chaudes comme le bois à des couleurs inédites comme le vert pastel, avec beaucoup de lumière naturelle, agrémentés d'aquarium et de plantes vertes, sont très agréables. À l'intérieur des bunkers, un plafond de verre lumineux sérigraphié figure un ciel bleu et des nuages. L'accès à la clinique est direct depuis la gare SNCF et métro des Arènes et un parking public (concédé à Vinci) propose 570 places (dont plusieurs en sous-sol réservées au personnel). Cette annexe créée au bout de la rue de la Petite Vitesse sur des réserves foncières de la clinique Pasteur a nécessité un investissement de 30M€ (hors matériel médical).

Philippe Emery

jeudi 7 janvier 2010

Aéroport de Blagnac : un parking très aérien



Urbanisme. L'aéroport de Toulouse-Blagnac va se doter d'un nouveau parc de stationnement couvert de 3 200 places mis en service en 2011. Très soucieux de l'environnement, ce silo à autos donnera accès direct au futur hall D.

L'aéroport Toulouse-Blagnac vient de lancer la construction d'un nouveau parking de proximité. Ce parc autos de sept étages sera bâti entre les P2 et P3 existants et offrira 3 200 places nouvelles. Ce silo offrira, à sa mise en service prévue au printemps 2011, un accès direct au nouveau Hall D, auquel il fera face.

L'architecte parisien François Gillard, lauréat après concours, a conçu ce projet à forte empreinte environnementale. L'architecte fait figure de spécialiste en la matière avec la réalisation du lycée Kyoto de Poitiers (qui respecte à la lettre les prescriptions du sommet japonais qui avait précédé Copenhague) et son projet, en cours, de lycée en énergie positive à Bergerac. À son actif aussi, un hôpital bioclimatique en Guadeloupe.

« On travaille systématiquement sur l'économie d'énergie. Ici, surtout sur l'optimisation de l'éclairage avec des ouvertures importantes pour bénéficier au maximum de la lumière naturelle (et aussi satisfaire aux nouvelles normes incendie) et offrir une ventilation naturelle. La détection de présence est utilisée tandis que des panneaux photovoltaïques devraient équiper le toit, dans le cadre d'une réflexion globalisée de l'aéroport sur ce type d'énergie », explique l'architecte.

une lame métallique reflète le ciel

Dans la continuité avec le silo existant à côté (P3), la façade a été particulièrement travaillée. « Une lame métallique (en acier inox) reflétant le ciel assure la continuité, marquant l'entrée de l'aéroport. La conception intérieure favorise un accès le plus rapide possible à une place libre et, ensuite, au hall d'embarquement. Les trois rampes d'accès sont renvoyées en façade, donnant un aspect de « peau qui ondule » à celle-ci », poursuit François Gillard, « la signalétique et la circulation piétonne ont aussi été très travaillées, de même que la lisibilité ».

La structure en acier, assez fine, est apparente, « dans une volonté de vérité des structures, matériaux et assemblage, sans effet d'habillage ou artifices ». Le revêtement anti dérapant des pistes de circulation faisait partie du cahier des charges, afin d'éviter tout problème en cas d'intempéries, comme il s'en était produit à l'ouverture du silo précédent.

François Gillard appartient à la SCAU (société de conception, architecture et urbanisme), groupement d'architectes ayant réalisé le Stade de France ou le pont levant de Rouen, actuellement en charge du futur bâtiment central de l'hôpital Purpan. Il est assisté sur le projet de parking de l'aéroport par l'architecte toulousain Pierre Azéma et le bureau d'études Y Ingénierie.

Philippe Emery

jeudi 17 décembre 2009

La maison sera intelligente




Urbanisme. Première nationale à l'IUT de Blagnac, on étudie et on imagine la maison de demain capable de s'adapter aux besoins d'habitants dépendants, âgés ou handicapés. Des bungalows témoins seront érigés pour Pâques 2010.

« Imaginez qu'on puisse mettre au point une poignée de porte capable de vous prendre la température quand vous l'actionnez, de même que le degré d'hygrométrie et diverses données sur votre santé ou votre état de forme». Le propos lancé par Xavier Daran, responsable du département 2A2M (aide et assistance pour le monitoring et le maintien à domicile) de l'IUT de Blagnac lève le voile sur le champ des possibilités qu'offrent la domotique et la robotique pour rendre nos maisons intelligentes.

C'est le but poursuivi depuis 2008 par l'IUT blagnacais qui a lancé, en liaison avec l'Université de Toulouse-Mirail, sur une idée d'Alain Costes (club Réussir), cette formation inédite en France, destinée à développer et expérimenter des systèmes d'aide et d'assistance pour permettre la prise en charge à distance, à la maison, de personnes dépendantes, malades, âgées ou handicapés.

Une démarche innovante mêlant métiers technologiques (informatique, électronique, systèmes embarqués, télécoms) et sciences humaines (étude des comportements humains, psychologie, sociologie) et faisant appel aux compétences d'universitaires, d'industriels, de centres hospitaliers et de services d'aides à la personne.

«Maison» définitive en 2012

Une démarche qui a abouti à un diplôme (DUT), «non sans mal car le diplôme était nouveau dans un secteur qui n'existait pas mais grâce au soutien du ministère», selon Daniel Filâtre, président de l'Université du Mirail. La première promotion doit sortir en juin 2010 (24 élèves suivent ce cursus).

La première «maison intelligente» en France devrait être inaugurée à l'IUT pour Pâques 2010. Bernard Keller, le maire de Blagnac, s'est engagé à acheter les bungalows de la première phase (environ 150 000 €), transitoire, de cette opération, offrant un appartement de 80m2 et un espace de formation de 40 m2 sur le site de l'IUT, en bordure du tramway. La deuxième phase (5 M€) aboutira à une plate-forme définitive en dur sur 800 m2 du même site pour 2012.

Le tour de table financier n'est pas bouclé mais des partenaires nationaux, notamment dans le domaine de la construction et des télécoms, devraient être intéressés par cette démarche novatrice.

Philippe Emery


Capteurs et satellite

Les chercheurs et formateurs du département 2A2M de l'IUT de Blagnac travaillent sur de nombreuses pistes, comme la localisation par satellite de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer en cas de fugue à l'extérieur mais aussi sur leur localisation à l'intérieur de la maison intelligente, grâce à des capteurs électroniques. Eric Campo, professeur des université s, enseignant en électronique à l'IUT et chercheur au Laas (intégration des systèmes) nous en dit un peu plus sur les pistes en cours d'exploration : «On parlait jusqu'ici de la domotique un peu comme un gadget pour des gens bien portant en matière de sécurité ou de confort. Il s'agit dans le cadre de notre démarche de chercher des applications directement utiles, pas forcément coûteuses. La gestion intelligente des données concernant l'éclairage, le chauffage, l'utilisation des appareils ménagers, la localisation des habitants dans le logement, peuvent permettre de lancer des alertes ou de gérer à distance des malades».

Photo : La «maison intelligente» expérimentera dès le printemps 2010 les dernières découvertes en matière de domotique et robotique sur le site de l'IUT de Blagnac, en bordure de tramway. Une deuxième tranche agrandira la plate-forme expérimentale en 2012. Esquisse Mairie de Blagnac.

jeudi 10 décembre 2009

Gravé dans le béton



Urbanisme. Les façades de la nouvelle bibliothèque universitaire de Paul-Sabatier dessinent de vastes fresques en noir et blanc visibles en fonction de la luminosité et de la position de l'observateur. Grâce à un procédé original.<br />
La fresque réinventée. Gravée dans le béton. La nouvelle bibliothèque universitaire Paul-Sabatier propose ce nouveau concept depuis fin 2008. L'extension du bâtiment original, un cube rectangulaire plat dont le plus grand côté mesure 65 mètres de large sur 7 mètres de haut, est recouverte d'images en noir et blanc qui apparaissent sur ses façades en fonction de la luminosité et de la position de l'observateur.

Vous pourrez vous amuser à reconnaître Paul Sabatier, Louis Pasteur, Marie Curie, la fusée Ariane, un avion pionnier ou un match de rugby sur le nouveau bâtiment au cœur du campus universitaire de Rangueil. Des personnages scientifiques qui ont marqué l'Histoire et des enseignements dispensés dans la faculté des sciences toulousaine. Une image qui évolue selon l'endroit depuis lequel on la regarde.

« On a utilisé le procédé de béton photo gravé, qui existe déjà mais qui n'a jamais été appliqué à ma connaissance dans de telles dimensions et à des images », explique Richard Milani, l'architecte toulousain associé avec Vincent Espagno, dont le cabinet a conçu le projet original : « On a pris des images transformées par un logiciel en béton gravé en rainures verticales plus ou moins profondes. La profondeur crée une ombre portée qui fait apparaître les images. Le passage de l'image de départ au béton gravé se fait grâce à des moules en contreplaqué et à de la mousse en néoprène utilisés pour le coulage du béton ».

Procédé inédit

Un procédé inédit dont les effets ont séduit les étudiants du campus. Le nouveau bâtiment terminé fin 2007 porte la superficie totale de la bibliothèque à 9 500 m2 et sa capacité d'accueil de 480 à 939 places.

L'extension créée s'accroche au bâtiment existant dans le respect de la trame orthogonale du campus. C'est une boîte rectangulaire dont le volume supérieur en béton apparaît comme soulevé au-dessus du rez-de-chaussée entièrement vitré. Les espaces de consultation sont organisés sur deux niveaux autour d'un vide central éclairé par des sheds. L'ensoleillement direct est évité. L'absence de cloisonnement favorise le libre accès aux fonds documentaires.

Le bâtiment original construit par E.F. Chabanne en 1965, abritant notamment les magasins sur huit niveaux est entièrement restructuré. Les travaux, en cours, se termineront au printemps 2010. L'extension de 1970, sans aucun intérêt architectural, a été démolie.

Le projet global, porté par la région avec des financements du Département et de l'État, a nécessité un investissement de 8,5 millions d'€.

Le cabinet Espagno-Milani est l'auteur de l'importante extension de l'Hôtel du département, en cours de construction à côté du bâtiment initial boulevard de la Marquette. Il a remporté récemment des concours pour réaliser des logements sociaux pour Habitat Toulouse (l'ex Opac) à Borderouge Nord et Balma-Gramont, va construire des logements sur la zone de Tibaous et travaille à la conception de la future unité hospitalière spécialisée de Marchant qui présentera la particularité d'associer psychiatrie et carcéral.

Philippe Emery

jeudi 3 décembre 2009

Bureaux verts à la mutuelle Intériale-Balma



Les bureaux du centre territorial sud d'Intériale, mutuelle des agents publics, seront inaugurés aujourd'hui à 17 heures à Balma. Née en 2008 de la fusion des mutuelles MGPAT, MMI et SMPPN, Intériale emploient 500 collaborateurs dans ses trois centres de Lille, Pantin et Toulouse/Balma. Les nouveaux locaux de Balma abritent 130 personnes depuis mi-octobre.

L'immeuble conçu par l'architecte Philippe Lapeyre, se sompose de deux bâtiments, d'une surface totale de 8 500 m2. De haute qualité environnementale, il privilégie les matériaux recyclables et les énergies renouvelables. La construction privilégie le verre et l'aluminium, les faux plafonds sont recyclables à 100 % et l'énergie en partie fournie par le soleil.

« L'opération représente un investissement de 21 M€», informe Laurent Hardy-Dessources, directeur général d'Intériale. «Le premier bâtiment accueille nos équipes, le second est proposé à la location. L'utilisation des énergies renouvelables apportera une meilleure maîtrise des coûts de fonctionnement. »

Engagé en 2007, le programme immobilier a été piloté par Pitch Promotion. Créée il y a quatre ans, l'antenne Sud-ouest du promoteur est en charge de la réhabilitation du Grand Hôtel, rue de Metz, et dela construction des bureaux Premium, à Balma,un ensemble de trois bâtiments HQE d'une surface de 13 600 m2.

Projets culture dans la ville



Urbanisme. L'opposition accuse la municipalité d'abandonner les projets culturels lancés avant 2008. Nicole Belloubet fait le point et évoque les dossiers qui devraient être repris dans un plan pluriannuel d'investissement.

L'attaque de l'opposition a été frontale lors de la dernière séance du conseil municipal (27 novembre), menée par Jean-Luc Moudenc. L'ancien maire a reproché à la nouvelle équipe d'abandonner les équipements projetés sous sa mandature : prison Saint-Michel, « vide mais sans projet », salle des musiques actuelles des Nouveautés, théâtre de plein air de Viguerie et site de mémoire de l'Aéropostale à Montaudran, « abandonnés » selon lui. Son ex-adjointe à la culture, Marie Déqué, a questionné sur le devenir du « fonds Dieuzaide » et du château de Reynerie, tandis qu'Yvette Benayoun-Nakache demandait ce qu'il en était du « pilotage de Rio Loco ».

« Nous n'avons pas été élus pour appliquer votre programme », a rétorqué François Briançon, au nom du groupe socialiste, radical et républicain. Nicole Belloubet, première adjointe à la culture, répond sur le fond : « La politique culturelle avance, mais elle ne se réduit pas à des équipements ». Elle cite le « succès du festival Novela », mais aussi « des projets qui avancent », ou « la programmation d'un équipement à la Cartoucherie » (autour des arts de la rue).

Des réponses

Nicole Belloubet développe ici les projets culturels qui pourraient être intégrés à un plan pluriannuel d'investissement, non définitivement arrêté.

Cité des Arts de la Grave : sur 18 000 m2, danse, photo, arts numériques, résidence d'artistes, expo peinture sont envisagés.

Prison Saint-Michel : L'ex ministre de la Justice Rachida Dati a précisé par courrier à la Ville que la vente ne pourrait se faire avant 2010. Sous cette réserve, le lieu sera intégré dans l'arc scientifique (Grand-Rond, faculté des Sciences, Muséum, etc.) comme lien entre arts et recherche, en liaison avec le quartier, demandeur d'équipements. Le mur d'enceinte pourrait être démoli, avec possibilité d'un jardin.

Dieuzaide : la Ville souhaite acquérir le fonds (texte de finalisation en cours). Le lieu initial (à Saint-Cyprien), occupé temporairement, Château d'eau ou site de la Grave pourraient aussi accueillir le fonds, pour ne pas multiplier les lieux photo.

Château de la Reynerie : acheté 1 M€, sa restauration est évaluée à 7 M€ (l'édifice est classé). Ce sera un lieu ouvert, avec son parc et son orangerie, au quartier et aux visiteurs, en liaison avec l'hôtel Dubarry du lycée Saint-Sernin (même histoire, même époque) et avec la Fabrique culturelle à l'Université du Mirail et la Maison de l'Image, place Abbal. Un programmiste va être choisi pour cette dernière structure, qui accueillera film traditionnel mais aussi d'amateur, de portable, d'animation, clips, photo, etc. Elle sera ouverte à la population, avec bar et restaurant, et aux thèmes de la diversité, avec l'Université du Mirail, et des musiques du monde, avec la Mounède.

Maison Nougaro : la Ville a remporté l'appel d'offres lancé par les Voies navigables de France pour la maison éclusière des allées de Brienne. Elle sera maître d'ouvrage du projet soutenu par l'association de Cécile Nougaro, avec salle de (mini) spectacle en bas et lieu de mémoire à l'étage.

Une passerelle piétonne pourrait relier la Manufacture au futur TSE (Toulouse School of Economics) prévu à l'Arsenal.

Philippe Emery


Les autres dossiers

Pierre Cohen a précisé, à propos de Montaudran : « On ne peut avoir deux lieux dédiés à l'histoire de l'aviation avec Aéroscopia à Blagnac. Il a donc fallu réajuster Montaudran, qui sera un lieu de mémoire de l'Aéropostale, sur un lieu plus mesuré en terme de superficie ».

À propos de Rio Loco, Nicole Belloubet a indiqué : « On travaille avec un groupe d'élus et la direction artistique du festival plus un groupe d'associations ».

Pour le projet de Smac (salle des musiques actuelles), la première adjointe à la culture évoque « le besoin de multiples studios de répétition disséminés dans la ville où des groupes pourraient jouer et enregistrer leurs musiques (rock, pop, rap, chanson française, etc.).

Pour la salle de spectacle de trois cents places, un temps envisagée dans l'ancien théâtre puis cinéma des Nouveautés, propriété de la ville, nous ne sommes pas sûrs que ce soit le meilleur lieu. Beaucoup de sites culturels sont concentrés dans le centre ville », indique l'élue. Un site en périphérie pourrait donc avoir la faveur municipale, l'immeuble des Nouveautés étant revendu pour retrouver une vocation immobilière plus traditionnelle et résidentielle.

jeudi 29 octobre 2009

Les 30 glorieuses de l'archi


Partie de pétanque sur le chantier en haut des allées Jean-Jaurès, en 1962. Le réaménagement des ramblas toulousaines en grande voie pénétrante donnait les clés de la ville à la voiture toute puissante. On distingue au fond un bâtiment conçu en 1951 par l'architecte Robert Louis Valle pour le promoteur Deromédi. Photo Jean Dieuzaide

Urbanisme. Les années 45-75 ont marqué le passage de la Ville rose au rang de métropole. Un livre et une expo reviennent sur une modernité contrastée.

Le pointeur est accroupi, béret vissé sur la tête. La cravate est rangée sous la chemise blanche. Le bouliste, concentré, a tombé la veste. De dos, près du but, son compère, ou adversaire, porte casquette et gilet sans manche, et chaussettes sous les sandales qui foulent la poussière des allées Jean-Jaurès. Un spectateur fume la pipe et se tient le menton, « penseur de Rodin » du XXe siècle. D'autres arborent des chapeaux plus bourgeois.

À lui seul, ce cliché signé Jean Dieuzaide, tiré du livre « Toulouse 45-75, la ville mise à jour » (1), résume bien les fameuses « trente glorieuses » au cœur de l'ouvrage. Trente années d'après-guerre marquées par un formidable essor économique et urbain, la mutation de Toulouse en métropole régionale.

Un monde résiste, un monde change. La partie de pétanque à Marengo, c'est du Pagnol sur le chantier des futurs Champs-Élysées toulousains, dernier grain de sable sur la voie royale de la bagnole et du réfrigérateur. Un film de Jacques Tati au pied d'une de ces « quilles » élevées pour loger, « avec tout le confort moderne », les enfants du baby-boom et les pieds-noirs de retour.

« Aujourd'hui, il y a une désaffection générale pour l'architecture de cette période, liée à un renversement idéologique : de l'adhésion à la modernité, totale alors, on est passé à la remise en cause de 68 et à la crise du pétrole en 73 », note Jean-Loup Marfaing.

L'architecte et historien du CAUE 31 a dirigé la réalisation de l'ouvrage. Une somme qui réhabilite une période où la Toulouse moderne s'est construite, avant de se figer sur son centre historique. Dans le sillage du Corbusier, Candilis lance un Mirail hors normes, des architectes toulousains innovants, liés à des promoteurs entreprenants et à des édiles plus ou moins dans le mouvement (les 3B, Badiou, Bazerque et Pierre Baudis) créent de nouveaux quartiers (Empalot, Bagatelle, Roguet), des barres et des villas « cubes », des hypers, des grands magasins et des stations-service, des marchés parkings (Victor-Hugo, Carmes), le Min de Lalande, la Cité administrative, le Belvédère, des universités (Droit, Lettres au Mirail, Sciences à Rangueil), des écoles et des églises, un monument à la Résistance cité dans la Pravda, des casernes et des hôpitaux…

Tout n'a pas bien vieilli, tout n'est pas non plus à jeter. Au contraire.

Philippe Emery

1- 600e livre des (Nouvelles) Éditions Loubatières. À voir, l'exposition sur le même thème abritée par le Cmav (5, rue St-Pantaléon-M° Capitole).

Que devient le fonds Dieuzaide ?

Un très grand nombre de photographies du livre « Toulouse 45-75 » ont été puisées dans le fonds Dieuzaide, d'une richesse insoupçonnée. Ses vues d'avions ou évoquant le passé disparu de Toulouse, parfois méconnues, sont aussi remarquables. La précédente municipalité avait acté le projet d'un centre vivant exploitant ce fond dans les locaux de l'ex conservatoire occitan à Saint-Cyprien. « La contre-expertise attendue a été livrée en janvier dernier, depuis nous n'avons aucune nouvelle », s'étonne Mme Dieuzaide.

lundi 26 octobre 2009

Immeuble en kit : et le puzzle devint tour!



Miroir, miroir, suis-je la plus belle ? » En tout cas… on ne voit qu'elle. La tour Headlight (« phare »), idéalement placée à l'entrée de Labège-Innopole, va servir de vigie verticale à toute une zone d'immobilier de bureau plat.
Et les milliers d'automobilistes qui passent à ses pieds auront du mal à ignorer l'identité des propriétaires qui investiront les lieux dès le 12 novembre. Le sigle KPMG, premier cabinet d'audit d'expertise comptable et de conseil, s'inscrit déjà en grosses lettres sur les parois de cette tour de béton blanc poli.
Une emblématique réalisation, fruit de l'engagement très volontariste des promoteurs et investisseurs (Midi 2i, filiale de la Caisse d'Epargne Midi-Pyrénées et la société Carle) dont le projet a séduit le Sicoval propriétaire initial du terrain. Après tout, au plan financier, il fallait oser. Tout le projet s'est en effet bâti avant que le client KPMG soit dan s la course. C'était, il est vrai, avant la crise de l'immobilier mais tout de même… Aujourd'hui, tous les partenaires se félicitent. Et pour cause. Leur engagement a été relayé par le parti pris technique résolument innovant de l'architecte bordelais Frédérik Dain. Avec toute une série de ruptures qui en font un projet unique. D'abord une rupture visible à l'œil nu sur la zone : « On est passé d'une logique horizontale d'étalement à une logique verticale », confie Frédérik Dain. Une tour ? Rassurez-vous. L'ensemble (35 mètres) doit surtout cette appellation par contraste avec un environnement plat. Il n'empêche: vu des bureaux du 9e, la tour Headlight domine largement son sujet, offrant une vue panoramique imprenable.
Rupture également avec le matériau employé : « Pas de cube de verre symbole du pouvoir, comme on peut en voir à la City, lance Frédérik Dain, un brin provoc. Ici, on est plus proche de la Méditerranée que de Londres ! » Rupture enfin, avec les méthodes traditionnelles de construction, la moins visible pour le profane, mais sans doute la plus spectaculaire. L'immeuble est construit comme un gigantesque puzzle, monté en six mois par six personnes (lire ci-dessous). La tour Headlight brille déjà par ses innovations. Il faut maintenant, bien sûr, que ses occupants se l'approprient.
Daniel Hourquebie

Un «jeu de construction» géant composé de 1500 pièces
Un véritable exploit technique. La tour est en fait un «jeu de construction» géant composé de 1 500 pièces de béton préfabriquées pouvant peser jusqu'à 10 tonnes : « Six mois ont suffi pour que six personnes, deux grutiers et quatre poseurs, assemblent les pièces, très vite et très bien », souligne Frédérik Dain. L'architecte bordelais défend un procédé de fabrication original qui déplace le travail de chantier en amont au sein d'une usine. Chaque pièce a ainsi d'abord été fabriquée dans les ateliers de la société CIR (Constructions industrielles rationnelles) de Tonneins, avant d'être acheminée « prête à l'emploi » sur le chantier de Labège : « Un procédé qui limite au maximum les nuisances sur le site, plaide l'architecte. Pas de béton à couler, pas de pollution et peu de bruit ». Il souligne également l'intérêt pour les ouvriers de travailler dans des ateliers couverts plutôt que dehors, soumis aux intempéries. Et comme une innovation peut en cacher d'autres, l'immeuble s'inscrit naturellement dans les normes de Haute qualité environnementale. Côté visible, des façades brillantes autonettoyantes censées garder le « phare » à l'abri de s outrages du temps au moins vingt ans durant. Pour le reste, « pas de recette miracle mais une série d'astuces et d'ajustements qui permettent de faire mieux avec moins d'argent », explique l'architecte. Dans l'air du temps, en somme.

jeudi 22 octobre 2009

La maison bois, ils y croient


Extension (notre photo) et surélévation en bois sont très prisées. Photo Arc & Fact

La maison bois, tout le monde en parle. Un salon lui est même consacré à Toulouse ce week-end, au Parc des Expos. Les avantages de la construction bois en terme de développement durable, d'isolation thermique, de rapidité de construction et de diversité de finition et de prix sont de plus en plus mis en avant.
Reste que le surcoût de ce mode de construction par rapport à la maçonnerie traditionnelle freine le développement de la maison bois, notamment dans notre région Midi-Pyrénées. Ainsi, ce sera, ce week-end, la troisième édition du salon toulousain « alors que ce type de salon existe depuis longtemps à Bordeaux », précise Emmanuel Kaffy, architecte toulousain qui a développé une spécificité autour de la maison bois, avec son associé Jean-Luc Hittos.
Leur cabinet d'architectes, Arc & Fact, est doublé d'une structure spécialisée appelée Terre et bois architecture. Ils seront présents au Parc des Expos, tout comme la Maison de l'architecture qui aura son stand. Le point avec Emmanuel Kaffy sur un mode de construction en vogue.

La maison bois est plutôt tendance. Le constatez-vous au travers de votre activité ?

Il y a un engouement prononcé, un intérêt qui se traduit par beaucoup de questions du public. La problématique de l'environnement, l'esthétique, la sensibilité au matériau, la diversité des couleurs, des bardages de façades, et les possibilités très importantes d'utilisation des volumes produisent une attirance non négligeable d'un certain public. Reste que le surcoût de la technique, 10 à 15 %, arrête bon nombre de clients potentiels au moment de se lancer.

Mais le surcoût est assez vite amorti grâce aux gains thermiques, non ?

Oui, mais au moment de l'acte d'achat, on a un budget arrêté qu'on ne peut pas toujours dépasser, même si l'on sait qu'à terme on sera gagnant sur la vie de l'édifice. Au niveau du coût, le choix de la finition, du type de parements extérieurs et intérieurs (du placo au bois brut) ou d'isolant (de la laine de verre au chanvre naturel) peut faire varier la facture du simple au quadruple. Et le confort et l'esthétique de la maison. L'avantage par rapport à la maçonnerie traditionnelle réside aussi dans la rapidité du montage de l'ossature bois (deux semaines plus une semaine pour la couverture) et dans la souplesse formelle offerte par ce type de construction. Vous le constaterez en voyant le stand que nous avons préparé pour le salon : on peut facilement travailler le volume dans ses trois dimensions.

La maison bois, très courante aux Usa ou en Scandinavie ainsi que dans certaines régions françaises (Alpes), l'est moins chez nous, pourquoi ?

Il y a un certain retard. J'ai travaillé sur un projet de logements collectifs HLM en bois mais les décideurs n'ont pas eu le courage d'aller au bout de la démarche. Pourtant c'est un très ancien matériau qui a fait ses preuves : Venise est construite sur des pieux en bois (une partie de Bordeaux et Toulouse aussi-NDLR), nos vieux centres sont nés autour de maisons à colombages. Ici, on commence à réaliser pas mal d'extensions et de surélévations en bois.

Recueilli par Philippe Emery