Blog - Forum classique architecture - Blog La Dépêche
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jeudi 4 février 2010

Les étudiants planchent sur la ville

Urbanisme. Les étudiants de l'école d'architecture ont proposé sept projets à la Ville concernant l'entrée Nord, intégrant le MIN de Lalande et le canal latéral à la Garonne. Leur réflexion sera utilisée par la Fabrique urbaine.



Ecoquartier. Le mot est tendance. Les promoteurs d'Andromède, la nouvelle ville « durable » qui se construit aux portes de Blagnac et Beauzelle, face à l'usine d'Aéroconstellation, se sont émus récemment d'avoir été « oubliés » par le classement national des écoquartiers. Le ministère de l'Environnement et du développement durable a en effet primé un projet grenoblois et de nombreux quartiers en France, mais aucun dans notre région.

La Ville rose et son agglomération ne manquent pourtant pas de projets à haute qualité environnementale (HQE) : Andromède, Balma, ou la Salade, près de la Barrière de Paris, à Toulouse, qui sera un premier test du futur écoquartier de la Cartoucherie.

« Le groupe scolaire Lucie Aubrac, HQE, sera le premier équipement public, dès la rentrée 2011, de la Salade », annonce Régis Godec, adjoint au maire (Vert) chargé des écoquartiers, qui travaille, en complémentarité avec Daniel Benyiahia, adjoint à l'urbanisme, pour présenter au conseil municipal une première délibération importante pour la Cartoucherie, au printemps.

Le lancement de la Fabrique urbaine a permis d'agiter les cerveaux des professionnels et de ceux qui s'intéressent à l'avenir urbain de Toulouse.

Les étudiants de l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Toulouse ne sont pas en reste. À l'initiative de Jean-Jacques Puyo, architecte et responsable de l'unité d'enseignement « projet urbain durable et habitat économe », des étudiants en Master (4e année) ont planché pendant six mois, par groupes de trois, sur sept projets d'« anticipation réaliste », à l'horizon 2020-2030, d'un écoquartier sur le secteur entre canal latéral à la Garonne, boulevards de Suisse et Silvio Trentin, Barrière de Paris, avenue des États-Unis et périphérique nord.

En 2008, ils avaient travaillé sur un secteur à urbaniser de Saint-Simon. Là, ils ont planché sur l'entrée Nord de Toulouse, « un secteur un peu déqualifié avec ses nombreux entrepôts, ses friches industrielles et son habitat dispersé, où l'enjeu est de reconstruire la ville sur elle-même en la densifiant », explique Régis Godec, à l'initiative de la commande. Les étudiants ont pointé du doigt, dans leurs projets très divers, divers manques du secteur (crèche, structure de lycée complémentaire, stade et équipements sportifs, habitat groupé) et insisté sur la mise en valeur des bords de canal, en déshérence, la création de centralités ou l'importance des transports en commun et des modes doux (piéton, cycles). Ils ont présenté, jeudi dernier, leurs travaux à Daniel Benyahia, Régis Godec et Jean-Michel Fabre (l'élu municipal du secteur), qui ont proposé d'intégrer leur réflexion à celle de la Fabrique urbaine. Les apprentis architectes ont aussi défendu leurs projets devant un jury de quatre enseignants de l'Ensat, dont l'urbaniste Louis Canizarès.

Philippe Emery












jeudi 28 janvier 2010

L'Atrium : clinique de verre



Urbanisme. La clinique Pasteur, spécialisée notamment en cardiologie et cancérologie, vient d'ouvrir une annexe de jour à l'architecture fonctionnelle, mais transparente, ouverte et tournée vers le confort des patients.

Une élégante passerelle de verre vert, finement enchâssée dans une structure de métal sombre, enjambe l'entrée du nouvel Atrium, annexe de la clinique Pasteur ouverte au début de l'année 2009. L'immeuble abritant l'établissement médical présente une façade recouverte de brique rouge, largement ouverte sur de grandes baies vitrées alternant verre transparent et verre opaque vert. L'accès à la passerelle se fait par un bloc regroupant ascenseurs et escaliers, recouvert de carreaux blancs qui tranchent avec le rose et le vert du reste de l'établissement.

L'immeuble est construit autour de deux patios paysagers. « L'Atrium accueille six bunkers (dont cinq équipés d'accélérateurs de particules) destinés au traitement anticancéreux par radiothérapie », explique Dominique Pon, directeur adjoint et futur directeur (à la fin de l'année 2010) de la clinique. « Nous avons choisi, avec les architectes du cabinet Coucoureux de Toulouse, de ne pas enterrer ces bunkers comme cela se fait dans ce type d'établissement, pour des raisons d'économie, mais de les laisser en rez-de-chaussée et de les entourer d'une sorte de maison de verre plus agréable pour les patients ».

Les bunkers aux murs de béton baryté de plus d'un mètre d'épaisseur permettent de traiter cinq patients en même temps et jusqu'à 230 par jour. La nouvelle annexe de la clinique est consacrée à la chimiothérapie et à la radiothérapie ambulatoires, sur deux des quatre niveaux de 2000 m2 chacun. Le dernier étage en cours de finition abritera des locaux pour petites interventions, toujours en ambulatoire, d'ophtalmologie, gastro-entérologie, pneumologie, urologie et système digestif. Ouverture prévue début 2011.

Les patients de cet hôpital de jour viennent effectuer leur traitement et repartent dans la journée. En radio, le traitement moyen ne dépasse pas les 45 minutes. Les couloirs d'attente, alliant des matières chaudes comme le bois à des couleurs inédites comme le vert pastel, avec beaucoup de lumière naturelle, agrémentés d'aquarium et de plantes vertes, sont très agréables. À l'intérieur des bunkers, un plafond de verre lumineux sérigraphié figure un ciel bleu et des nuages. L'accès à la clinique est direct depuis la gare SNCF et métro des Arènes et un parking public (concédé à Vinci) propose 570 places (dont plusieurs en sous-sol réservées au personnel). Cette annexe créée au bout de la rue de la Petite Vitesse sur des réserves foncières de la clinique Pasteur a nécessité un investissement de 30M€ (hors matériel médical).

Philippe Emery

jeudi 7 janvier 2010

Aéroport de Blagnac : un parking très aérien



Urbanisme. L'aéroport de Toulouse-Blagnac va se doter d'un nouveau parc de stationnement couvert de 3 200 places mis en service en 2011. Très soucieux de l'environnement, ce silo à autos donnera accès direct au futur hall D.

L'aéroport Toulouse-Blagnac vient de lancer la construction d'un nouveau parking de proximité. Ce parc autos de sept étages sera bâti entre les P2 et P3 existants et offrira 3 200 places nouvelles. Ce silo offrira, à sa mise en service prévue au printemps 2011, un accès direct au nouveau Hall D, auquel il fera face.

L'architecte parisien François Gillard, lauréat après concours, a conçu ce projet à forte empreinte environnementale. L'architecte fait figure de spécialiste en la matière avec la réalisation du lycée Kyoto de Poitiers (qui respecte à la lettre les prescriptions du sommet japonais qui avait précédé Copenhague) et son projet, en cours, de lycée en énergie positive à Bergerac. À son actif aussi, un hôpital bioclimatique en Guadeloupe.

« On travaille systématiquement sur l'économie d'énergie. Ici, surtout sur l'optimisation de l'éclairage avec des ouvertures importantes pour bénéficier au maximum de la lumière naturelle (et aussi satisfaire aux nouvelles normes incendie) et offrir une ventilation naturelle. La détection de présence est utilisée tandis que des panneaux photovoltaïques devraient équiper le toit, dans le cadre d'une réflexion globalisée de l'aéroport sur ce type d'énergie », explique l'architecte.

une lame métallique reflète le ciel

Dans la continuité avec le silo existant à côté (P3), la façade a été particulièrement travaillée. « Une lame métallique (en acier inox) reflétant le ciel assure la continuité, marquant l'entrée de l'aéroport. La conception intérieure favorise un accès le plus rapide possible à une place libre et, ensuite, au hall d'embarquement. Les trois rampes d'accès sont renvoyées en façade, donnant un aspect de « peau qui ondule » à celle-ci », poursuit François Gillard, « la signalétique et la circulation piétonne ont aussi été très travaillées, de même que la lisibilité ».

La structure en acier, assez fine, est apparente, « dans une volonté de vérité des structures, matériaux et assemblage, sans effet d'habillage ou artifices ». Le revêtement anti dérapant des pistes de circulation faisait partie du cahier des charges, afin d'éviter tout problème en cas d'intempéries, comme il s'en était produit à l'ouverture du silo précédent.

François Gillard appartient à la SCAU (société de conception, architecture et urbanisme), groupement d'architectes ayant réalisé le Stade de France ou le pont levant de Rouen, actuellement en charge du futur bâtiment central de l'hôpital Purpan. Il est assisté sur le projet de parking de l'aéroport par l'architecte toulousain Pierre Azéma et le bureau d'études Y Ingénierie.

Philippe Emery

jeudi 17 décembre 2009

La maison sera intelligente




Urbanisme. Première nationale à l'IUT de Blagnac, on étudie et on imagine la maison de demain capable de s'adapter aux besoins d'habitants dépendants, âgés ou handicapés. Des bungalows témoins seront érigés pour Pâques 2010.

« Imaginez qu'on puisse mettre au point une poignée de porte capable de vous prendre la température quand vous l'actionnez, de même que le degré d'hygrométrie et diverses données sur votre santé ou votre état de forme». Le propos lancé par Xavier Daran, responsable du département 2A2M (aide et assistance pour le monitoring et le maintien à domicile) de l'IUT de Blagnac lève le voile sur le champ des possibilités qu'offrent la domotique et la robotique pour rendre nos maisons intelligentes.

C'est le but poursuivi depuis 2008 par l'IUT blagnacais qui a lancé, en liaison avec l'Université de Toulouse-Mirail, sur une idée d'Alain Costes (club Réussir), cette formation inédite en France, destinée à développer et expérimenter des systèmes d'aide et d'assistance pour permettre la prise en charge à distance, à la maison, de personnes dépendantes, malades, âgées ou handicapés.

Une démarche innovante mêlant métiers technologiques (informatique, électronique, systèmes embarqués, télécoms) et sciences humaines (étude des comportements humains, psychologie, sociologie) et faisant appel aux compétences d'universitaires, d'industriels, de centres hospitaliers et de services d'aides à la personne.

«Maison» définitive en 2012

Une démarche qui a abouti à un diplôme (DUT), «non sans mal car le diplôme était nouveau dans un secteur qui n'existait pas mais grâce au soutien du ministère», selon Daniel Filâtre, président de l'Université du Mirail. La première promotion doit sortir en juin 2010 (24 élèves suivent ce cursus).

La première «maison intelligente» en France devrait être inaugurée à l'IUT pour Pâques 2010. Bernard Keller, le maire de Blagnac, s'est engagé à acheter les bungalows de la première phase (environ 150 000 €), transitoire, de cette opération, offrant un appartement de 80m2 et un espace de formation de 40 m2 sur le site de l'IUT, en bordure du tramway. La deuxième phase (5 M€) aboutira à une plate-forme définitive en dur sur 800 m2 du même site pour 2012.

Le tour de table financier n'est pas bouclé mais des partenaires nationaux, notamment dans le domaine de la construction et des télécoms, devraient être intéressés par cette démarche novatrice.

Philippe Emery


Capteurs et satellite

Les chercheurs et formateurs du département 2A2M de l'IUT de Blagnac travaillent sur de nombreuses pistes, comme la localisation par satellite de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer en cas de fugue à l'extérieur mais aussi sur leur localisation à l'intérieur de la maison intelligente, grâce à des capteurs électroniques. Eric Campo, professeur des université s, enseignant en électronique à l'IUT et chercheur au Laas (intégration des systèmes) nous en dit un peu plus sur les pistes en cours d'exploration : «On parlait jusqu'ici de la domotique un peu comme un gadget pour des gens bien portant en matière de sécurité ou de confort. Il s'agit dans le cadre de notre démarche de chercher des applications directement utiles, pas forcément coûteuses. La gestion intelligente des données concernant l'éclairage, le chauffage, l'utilisation des appareils ménagers, la localisation des habitants dans le logement, peuvent permettre de lancer des alertes ou de gérer à distance des malades».

Photo : La «maison intelligente» expérimentera dès le printemps 2010 les dernières découvertes en matière de domotique et robotique sur le site de l'IUT de Blagnac, en bordure de tramway. Une deuxième tranche agrandira la plate-forme expérimentale en 2012. Esquisse Mairie de Blagnac.

jeudi 10 décembre 2009

Gravé dans le béton



Urbanisme. Les façades de la nouvelle bibliothèque universitaire de Paul-Sabatier dessinent de vastes fresques en noir et blanc visibles en fonction de la luminosité et de la position de l'observateur. Grâce à un procédé original.<br />
La fresque réinventée. Gravée dans le béton. La nouvelle bibliothèque universitaire Paul-Sabatier propose ce nouveau concept depuis fin 2008. L'extension du bâtiment original, un cube rectangulaire plat dont le plus grand côté mesure 65 mètres de large sur 7 mètres de haut, est recouverte d'images en noir et blanc qui apparaissent sur ses façades en fonction de la luminosité et de la position de l'observateur.

Vous pourrez vous amuser à reconnaître Paul Sabatier, Louis Pasteur, Marie Curie, la fusée Ariane, un avion pionnier ou un match de rugby sur le nouveau bâtiment au cœur du campus universitaire de Rangueil. Des personnages scientifiques qui ont marqué l'Histoire et des enseignements dispensés dans la faculté des sciences toulousaine. Une image qui évolue selon l'endroit depuis lequel on la regarde.

« On a utilisé le procédé de béton photo gravé, qui existe déjà mais qui n'a jamais été appliqué à ma connaissance dans de telles dimensions et à des images », explique Richard Milani, l'architecte toulousain associé avec Vincent Espagno, dont le cabinet a conçu le projet original : « On a pris des images transformées par un logiciel en béton gravé en rainures verticales plus ou moins profondes. La profondeur crée une ombre portée qui fait apparaître les images. Le passage de l'image de départ au béton gravé se fait grâce à des moules en contreplaqué et à de la mousse en néoprène utilisés pour le coulage du béton ».

Procédé inédit

Un procédé inédit dont les effets ont séduit les étudiants du campus. Le nouveau bâtiment terminé fin 2007 porte la superficie totale de la bibliothèque à 9 500 m2 et sa capacité d'accueil de 480 à 939 places.

L'extension créée s'accroche au bâtiment existant dans le respect de la trame orthogonale du campus. C'est une boîte rectangulaire dont le volume supérieur en béton apparaît comme soulevé au-dessus du rez-de-chaussée entièrement vitré. Les espaces de consultation sont organisés sur deux niveaux autour d'un vide central éclairé par des sheds. L'ensoleillement direct est évité. L'absence de cloisonnement favorise le libre accès aux fonds documentaires.

Le bâtiment original construit par E.F. Chabanne en 1965, abritant notamment les magasins sur huit niveaux est entièrement restructuré. Les travaux, en cours, se termineront au printemps 2010. L'extension de 1970, sans aucun intérêt architectural, a été démolie.

Le projet global, porté par la région avec des financements du Département et de l'État, a nécessité un investissement de 8,5 millions d'€.

Le cabinet Espagno-Milani est l'auteur de l'importante extension de l'Hôtel du département, en cours de construction à côté du bâtiment initial boulevard de la Marquette. Il a remporté récemment des concours pour réaliser des logements sociaux pour Habitat Toulouse (l'ex Opac) à Borderouge Nord et Balma-Gramont, va construire des logements sur la zone de Tibaous et travaille à la conception de la future unité hospitalière spécialisée de Marchant qui présentera la particularité d'associer psychiatrie et carcéral.

Philippe Emery

jeudi 3 décembre 2009

Bureaux verts à la mutuelle Intériale-Balma



Les bureaux du centre territorial sud d'Intériale, mutuelle des agents publics, seront inaugurés aujourd'hui à 17 heures à Balma. Née en 2008 de la fusion des mutuelles MGPAT, MMI et SMPPN, Intériale emploient 500 collaborateurs dans ses trois centres de Lille, Pantin et Toulouse/Balma. Les nouveaux locaux de Balma abritent 130 personnes depuis mi-octobre.

L'immeuble conçu par l'architecte Philippe Lapeyre, se sompose de deux bâtiments, d'une surface totale de 8 500 m2. De haute qualité environnementale, il privilégie les matériaux recyclables et les énergies renouvelables. La construction privilégie le verre et l'aluminium, les faux plafonds sont recyclables à 100 % et l'énergie en partie fournie par le soleil.

« L'opération représente un investissement de 21 M€», informe Laurent Hardy-Dessources, directeur général d'Intériale. «Le premier bâtiment accueille nos équipes, le second est proposé à la location. L'utilisation des énergies renouvelables apportera une meilleure maîtrise des coûts de fonctionnement. »

Engagé en 2007, le programme immobilier a été piloté par Pitch Promotion. Créée il y a quatre ans, l'antenne Sud-ouest du promoteur est en charge de la réhabilitation du Grand Hôtel, rue de Metz, et dela construction des bureaux Premium, à Balma,un ensemble de trois bâtiments HQE d'une surface de 13 600 m2.

Projets culture dans la ville



Urbanisme. L'opposition accuse la municipalité d'abandonner les projets culturels lancés avant 2008. Nicole Belloubet fait le point et évoque les dossiers qui devraient être repris dans un plan pluriannuel d'investissement.

L'attaque de l'opposition a été frontale lors de la dernière séance du conseil municipal (27 novembre), menée par Jean-Luc Moudenc. L'ancien maire a reproché à la nouvelle équipe d'abandonner les équipements projetés sous sa mandature : prison Saint-Michel, « vide mais sans projet », salle des musiques actuelles des Nouveautés, théâtre de plein air de Viguerie et site de mémoire de l'Aéropostale à Montaudran, « abandonnés » selon lui. Son ex-adjointe à la culture, Marie Déqué, a questionné sur le devenir du « fonds Dieuzaide » et du château de Reynerie, tandis qu'Yvette Benayoun-Nakache demandait ce qu'il en était du « pilotage de Rio Loco ».

« Nous n'avons pas été élus pour appliquer votre programme », a rétorqué François Briançon, au nom du groupe socialiste, radical et républicain. Nicole Belloubet, première adjointe à la culture, répond sur le fond : « La politique culturelle avance, mais elle ne se réduit pas à des équipements ». Elle cite le « succès du festival Novela », mais aussi « des projets qui avancent », ou « la programmation d'un équipement à la Cartoucherie » (autour des arts de la rue).

Des réponses

Nicole Belloubet développe ici les projets culturels qui pourraient être intégrés à un plan pluriannuel d'investissement, non définitivement arrêté.

Cité des Arts de la Grave : sur 18 000 m2, danse, photo, arts numériques, résidence d'artistes, expo peinture sont envisagés.

Prison Saint-Michel : L'ex ministre de la Justice Rachida Dati a précisé par courrier à la Ville que la vente ne pourrait se faire avant 2010. Sous cette réserve, le lieu sera intégré dans l'arc scientifique (Grand-Rond, faculté des Sciences, Muséum, etc.) comme lien entre arts et recherche, en liaison avec le quartier, demandeur d'équipements. Le mur d'enceinte pourrait être démoli, avec possibilité d'un jardin.

Dieuzaide : la Ville souhaite acquérir le fonds (texte de finalisation en cours). Le lieu initial (à Saint-Cyprien), occupé temporairement, Château d'eau ou site de la Grave pourraient aussi accueillir le fonds, pour ne pas multiplier les lieux photo.

Château de la Reynerie : acheté 1 M€, sa restauration est évaluée à 7 M€ (l'édifice est classé). Ce sera un lieu ouvert, avec son parc et son orangerie, au quartier et aux visiteurs, en liaison avec l'hôtel Dubarry du lycée Saint-Sernin (même histoire, même époque) et avec la Fabrique culturelle à l'Université du Mirail et la Maison de l'Image, place Abbal. Un programmiste va être choisi pour cette dernière structure, qui accueillera film traditionnel mais aussi d'amateur, de portable, d'animation, clips, photo, etc. Elle sera ouverte à la population, avec bar et restaurant, et aux thèmes de la diversité, avec l'Université du Mirail, et des musiques du monde, avec la Mounède.

Maison Nougaro : la Ville a remporté l'appel d'offres lancé par les Voies navigables de France pour la maison éclusière des allées de Brienne. Elle sera maître d'ouvrage du projet soutenu par l'association de Cécile Nougaro, avec salle de (mini) spectacle en bas et lieu de mémoire à l'étage.

Une passerelle piétonne pourrait relier la Manufacture au futur TSE (Toulouse School of Economics) prévu à l'Arsenal.

Philippe Emery


Les autres dossiers

Pierre Cohen a précisé, à propos de Montaudran : « On ne peut avoir deux lieux dédiés à l'histoire de l'aviation avec Aéroscopia à Blagnac. Il a donc fallu réajuster Montaudran, qui sera un lieu de mémoire de l'Aéropostale, sur un lieu plus mesuré en terme de superficie ».

À propos de Rio Loco, Nicole Belloubet a indiqué : « On travaille avec un groupe d'élus et la direction artistique du festival plus un groupe d'associations ».

Pour le projet de Smac (salle des musiques actuelles), la première adjointe à la culture évoque « le besoin de multiples studios de répétition disséminés dans la ville où des groupes pourraient jouer et enregistrer leurs musiques (rock, pop, rap, chanson française, etc.).

Pour la salle de spectacle de trois cents places, un temps envisagée dans l'ancien théâtre puis cinéma des Nouveautés, propriété de la ville, nous ne sommes pas sûrs que ce soit le meilleur lieu. Beaucoup de sites culturels sont concentrés dans le centre ville », indique l'élue. Un site en périphérie pourrait donc avoir la faveur municipale, l'immeuble des Nouveautés étant revendu pour retrouver une vocation immobilière plus traditionnelle et résidentielle.

jeudi 29 octobre 2009

Les 30 glorieuses de l'archi


Partie de pétanque sur le chantier en haut des allées Jean-Jaurès, en 1962. Le réaménagement des ramblas toulousaines en grande voie pénétrante donnait les clés de la ville à la voiture toute puissante. On distingue au fond un bâtiment conçu en 1951 par l'architecte Robert Louis Valle pour le promoteur Deromédi. Photo Jean Dieuzaide

Urbanisme. Les années 45-75 ont marqué le passage de la Ville rose au rang de métropole. Un livre et une expo reviennent sur une modernité contrastée.

Le pointeur est accroupi, béret vissé sur la tête. La cravate est rangée sous la chemise blanche. Le bouliste, concentré, a tombé la veste. De dos, près du but, son compère, ou adversaire, porte casquette et gilet sans manche, et chaussettes sous les sandales qui foulent la poussière des allées Jean-Jaurès. Un spectateur fume la pipe et se tient le menton, « penseur de Rodin » du XXe siècle. D'autres arborent des chapeaux plus bourgeois.

À lui seul, ce cliché signé Jean Dieuzaide, tiré du livre « Toulouse 45-75, la ville mise à jour » (1), résume bien les fameuses « trente glorieuses » au cœur de l'ouvrage. Trente années d'après-guerre marquées par un formidable essor économique et urbain, la mutation de Toulouse en métropole régionale.

Un monde résiste, un monde change. La partie de pétanque à Marengo, c'est du Pagnol sur le chantier des futurs Champs-Élysées toulousains, dernier grain de sable sur la voie royale de la bagnole et du réfrigérateur. Un film de Jacques Tati au pied d'une de ces « quilles » élevées pour loger, « avec tout le confort moderne », les enfants du baby-boom et les pieds-noirs de retour.

« Aujourd'hui, il y a une désaffection générale pour l'architecture de cette période, liée à un renversement idéologique : de l'adhésion à la modernité, totale alors, on est passé à la remise en cause de 68 et à la crise du pétrole en 73 », note Jean-Loup Marfaing.

L'architecte et historien du CAUE 31 a dirigé la réalisation de l'ouvrage. Une somme qui réhabilite une période où la Toulouse moderne s'est construite, avant de se figer sur son centre historique. Dans le sillage du Corbusier, Candilis lance un Mirail hors normes, des architectes toulousains innovants, liés à des promoteurs entreprenants et à des édiles plus ou moins dans le mouvement (les 3B, Badiou, Bazerque et Pierre Baudis) créent de nouveaux quartiers (Empalot, Bagatelle, Roguet), des barres et des villas « cubes », des hypers, des grands magasins et des stations-service, des marchés parkings (Victor-Hugo, Carmes), le Min de Lalande, la Cité administrative, le Belvédère, des universités (Droit, Lettres au Mirail, Sciences à Rangueil), des écoles et des églises, un monument à la Résistance cité dans la Pravda, des casernes et des hôpitaux…

Tout n'a pas bien vieilli, tout n'est pas non plus à jeter. Au contraire.

Philippe Emery

1- 600e livre des (Nouvelles) Éditions Loubatières. À voir, l'exposition sur le même thème abritée par le Cmav (5, rue St-Pantaléon-M° Capitole).

Que devient le fonds Dieuzaide ?

Un très grand nombre de photographies du livre « Toulouse 45-75 » ont été puisées dans le fonds Dieuzaide, d'une richesse insoupçonnée. Ses vues d'avions ou évoquant le passé disparu de Toulouse, parfois méconnues, sont aussi remarquables. La précédente municipalité avait acté le projet d'un centre vivant exploitant ce fond dans les locaux de l'ex conservatoire occitan à Saint-Cyprien. « La contre-expertise attendue a été livrée en janvier dernier, depuis nous n'avons aucune nouvelle », s'étonne Mme Dieuzaide.

lundi 26 octobre 2009

Immeuble en kit : et le puzzle devint tour!



Miroir, miroir, suis-je la plus belle ? » En tout cas… on ne voit qu'elle. La tour Headlight (« phare »), idéalement placée à l'entrée de Labège-Innopole, va servir de vigie verticale à toute une zone d'immobilier de bureau plat.
Et les milliers d'automobilistes qui passent à ses pieds auront du mal à ignorer l'identité des propriétaires qui investiront les lieux dès le 12 novembre. Le sigle KPMG, premier cabinet d'audit d'expertise comptable et de conseil, s'inscrit déjà en grosses lettres sur les parois de cette tour de béton blanc poli.
Une emblématique réalisation, fruit de l'engagement très volontariste des promoteurs et investisseurs (Midi 2i, filiale de la Caisse d'Epargne Midi-Pyrénées et la société Carle) dont le projet a séduit le Sicoval propriétaire initial du terrain. Après tout, au plan financier, il fallait oser. Tout le projet s'est en effet bâti avant que le client KPMG soit dan s la course. C'était, il est vrai, avant la crise de l'immobilier mais tout de même… Aujourd'hui, tous les partenaires se félicitent. Et pour cause. Leur engagement a été relayé par le parti pris technique résolument innovant de l'architecte bordelais Frédérik Dain. Avec toute une série de ruptures qui en font un projet unique. D'abord une rupture visible à l'œil nu sur la zone : « On est passé d'une logique horizontale d'étalement à une logique verticale », confie Frédérik Dain. Une tour ? Rassurez-vous. L'ensemble (35 mètres) doit surtout cette appellation par contraste avec un environnement plat. Il n'empêche: vu des bureaux du 9e, la tour Headlight domine largement son sujet, offrant une vue panoramique imprenable.
Rupture également avec le matériau employé : « Pas de cube de verre symbole du pouvoir, comme on peut en voir à la City, lance Frédérik Dain, un brin provoc. Ici, on est plus proche de la Méditerranée que de Londres ! » Rupture enfin, avec les méthodes traditionnelles de construction, la moins visible pour le profane, mais sans doute la plus spectaculaire. L'immeuble est construit comme un gigantesque puzzle, monté en six mois par six personnes (lire ci-dessous). La tour Headlight brille déjà par ses innovations. Il faut maintenant, bien sûr, que ses occupants se l'approprient.
Daniel Hourquebie

Un «jeu de construction» géant composé de 1500 pièces
Un véritable exploit technique. La tour est en fait un «jeu de construction» géant composé de 1 500 pièces de béton préfabriquées pouvant peser jusqu'à 10 tonnes : « Six mois ont suffi pour que six personnes, deux grutiers et quatre poseurs, assemblent les pièces, très vite et très bien », souligne Frédérik Dain. L'architecte bordelais défend un procédé de fabrication original qui déplace le travail de chantier en amont au sein d'une usine. Chaque pièce a ainsi d'abord été fabriquée dans les ateliers de la société CIR (Constructions industrielles rationnelles) de Tonneins, avant d'être acheminée « prête à l'emploi » sur le chantier de Labège : « Un procédé qui limite au maximum les nuisances sur le site, plaide l'architecte. Pas de béton à couler, pas de pollution et peu de bruit ». Il souligne également l'intérêt pour les ouvriers de travailler dans des ateliers couverts plutôt que dehors, soumis aux intempéries. Et comme une innovation peut en cacher d'autres, l'immeuble s'inscrit naturellement dans les normes de Haute qualité environnementale. Côté visible, des façades brillantes autonettoyantes censées garder le « phare » à l'abri de s outrages du temps au moins vingt ans durant. Pour le reste, « pas de recette miracle mais une série d'astuces et d'ajustements qui permettent de faire mieux avec moins d'argent », explique l'architecte. Dans l'air du temps, en somme.

jeudi 22 octobre 2009

La maison bois, ils y croient


Extension (notre photo) et surélévation en bois sont très prisées. Photo Arc & Fact

La maison bois, tout le monde en parle. Un salon lui est même consacré à Toulouse ce week-end, au Parc des Expos. Les avantages de la construction bois en terme de développement durable, d'isolation thermique, de rapidité de construction et de diversité de finition et de prix sont de plus en plus mis en avant.
Reste que le surcoût de ce mode de construction par rapport à la maçonnerie traditionnelle freine le développement de la maison bois, notamment dans notre région Midi-Pyrénées. Ainsi, ce sera, ce week-end, la troisième édition du salon toulousain « alors que ce type de salon existe depuis longtemps à Bordeaux », précise Emmanuel Kaffy, architecte toulousain qui a développé une spécificité autour de la maison bois, avec son associé Jean-Luc Hittos.
Leur cabinet d'architectes, Arc & Fact, est doublé d'une structure spécialisée appelée Terre et bois architecture. Ils seront présents au Parc des Expos, tout comme la Maison de l'architecture qui aura son stand. Le point avec Emmanuel Kaffy sur un mode de construction en vogue.

La maison bois est plutôt tendance. Le constatez-vous au travers de votre activité ?

Il y a un engouement prononcé, un intérêt qui se traduit par beaucoup de questions du public. La problématique de l'environnement, l'esthétique, la sensibilité au matériau, la diversité des couleurs, des bardages de façades, et les possibilités très importantes d'utilisation des volumes produisent une attirance non négligeable d'un certain public. Reste que le surcoût de la technique, 10 à 15 %, arrête bon nombre de clients potentiels au moment de se lancer.

Mais le surcoût est assez vite amorti grâce aux gains thermiques, non ?

Oui, mais au moment de l'acte d'achat, on a un budget arrêté qu'on ne peut pas toujours dépasser, même si l'on sait qu'à terme on sera gagnant sur la vie de l'édifice. Au niveau du coût, le choix de la finition, du type de parements extérieurs et intérieurs (du placo au bois brut) ou d'isolant (de la laine de verre au chanvre naturel) peut faire varier la facture du simple au quadruple. Et le confort et l'esthétique de la maison. L'avantage par rapport à la maçonnerie traditionnelle réside aussi dans la rapidité du montage de l'ossature bois (deux semaines plus une semaine pour la couverture) et dans la souplesse formelle offerte par ce type de construction. Vous le constaterez en voyant le stand que nous avons préparé pour le salon : on peut facilement travailler le volume dans ses trois dimensions.

La maison bois, très courante aux Usa ou en Scandinavie ainsi que dans certaines régions françaises (Alpes), l'est moins chez nous, pourquoi ?

Il y a un certain retard. J'ai travaillé sur un projet de logements collectifs HLM en bois mais les décideurs n'ont pas eu le courage d'aller au bout de la démarche. Pourtant c'est un très ancien matériau qui a fait ses preuves : Venise est construite sur des pieux en bois (une partie de Bordeaux et Toulouse aussi-NDLR), nos vieux centres sont nés autour de maisons à colombages. Ici, on commence à réaliser pas mal d'extensions et de surélévations en bois.

Recueilli par Philippe Emery


Débat : mais si, Toulouse est prête pour le «moderne»

La publication d'une interview de Francis Soler , architecte parisien président du jury des prix de l'architecture Midi-Pyrénées 2009 , (Les Jeudis de l'architecture du 1er octobre, sous le titre : «Toulouse n'est pas encore prête pour le moderne»), a fait du bruit dans le monde toulousain de l'architecture et de l'urbanisme. Volontiers provocateur et entier dans ses choix comme dans ses propos, ce qui fait son charme mais peut agacer un brin, celui qui évoquait ici même le vocable d'ayatollah de l'architecture dont il est parfois affublé, stigmatisait, dans ce court entretien, le manque d'audace des décideurs toulousains, selon lui, évoquant «le retard de Toulouse sur Montpellier». Son soutien affiché à son ami Vasconi lors de la remise du prix du jury pour le lycée Gallieni a même «laissé comme un trouble, une amertume», selon Vincent Defos du Rau, secrétaire général adjoint de l'Ordre régional des architectes (photo ci-dessus), qui ajoute : «Le malaise pointait bien là, dans le déséquilibre de cette sélection: un seul d'entre eux (les projets sélectionnés-NDLR) , par ses moyens disproportionnés, écrasait toute comparaison». Et l'architecte toulousain de suggérer : «En primant Galliéni sans lui décerner le prix, il (le jury) eut délivré un tout autre message : celui de souligner la vivacité des expressions architecturales sans distinction d'échelle ni d'origine».
Philippe Emery


mercredi 21 octobre 2009

ZAC Niel : fouilles et premiers coups de pioche



C'est un des projets urbains les plus attendus de Toulouse. La ZAC de 8 ha s'étend entre Empalot et Saint-Agne à la place de l'ex caserne Niel. Des bâtiments militaires d'origine, il ne reste plus que les deux blocs de l'entrée principale, rue Saint-Roch, dont l'un a été transformé en crèche et l'autre doit accueillir à terme la Maison de la citoyenneté, et le corps de bâtiment principal, qui abrite la Maison des associations.

Trois mois de fouilles

Le vaste espace laissé libre par la démolition de tous les autres bâtiments militaires, sans grand intérêt architectural, étaient prévus logements privés et HLM, nouveau rectorat, maison de retraite et équipements publics.
Le projet lancé par la précédente municipalité a subi un coup d'arrêt, l'architecte, Gabriel Hoym de Marien, ayant dû revoir son projet initial, sur demande de la nouvelle équipe municipale, après concertation des riverains.
« On a souhaité un projet moins hausmannien, plus ouvert sur la Garonne aussi, tout en gardant l'idée d'un jardin public central », résume Daniel Benyahia, adjoint au maire chargé de l'urbanisme. « Le projet a les dimensions du Palais-Royal à Paris, le jardin de 2 ha, qui sera fermé la nuit, fera 80 m de large, soit 20 m de plus que les allées Jean-Jaurès », commente l'architecte qui a prévu une alternance d'immeubles et de « maisons » donnant rue des Casernes. Les premiers coups de pioche ont été donnés avec la démolition, cette semaine, du vieux mur d'enceinte en brique et galet, côté rue des Casernes.
Trois mois de fouilles archéologiques vont suivre et les travaux de la première tranche (450 logements, 1 800 habitants à terme, du R + 5 au R + 7) le long de la rue des Casernes vont commencer début 2010 pour une livraison fin 2 011 ou début 2012. Le site est desservi par le métro (Saint-Agne, Empalot, avec possible station Niel, préconstruite, à terme) et le train (Saint-Agne).

Philippe Emery

Photo : La démolition du vieux mur a commencé. Photo DDM, Xavier de Fenoyl


Nouveau rectorat à l'horizon 2013

Le nouveau rectorat s'étendra de l'autre côté du jardin public central, le long de la ligne SNCF. Les fouilles viennent d'être lancées et dureront dix mois car le futur bâtiment s'élèvera sur trois niveaux de parking souterrain. Dessiné par les architectes Gouwy, Grima et Rames, le projet (en R + 4) doit regrouper la dizaine d'entités du rectorat disséminées dans la Ville rose et l'inspection académique, soit 800 à 1 000 fonctionnaires à terme sur un terrain de 5 000 m2 appartenant à l'État. Il est prévu à l'horizon 2012-2013.

vendredi 16 octobre 2009

Déjà 100 familles à Andromède



Six cents logements ont déjà été réalisés à Andromède, le nouveau quartier de Blagnac/Beauzelle en construction en face de l'usine Aéroconstellation où est assemblé l'A380, le plus gros avion commercial du monde.
Cent familles habitent déjà sur place, alors que le tramway effectue ses essais sur la ligne qui sera officiellement en service fin 2010 et desservira le nouveau quartier à vocation écologique. Andromède est d'ailleurs candidat au concours national des écoquartiers, tout comme le quartier de Gramont à Balma. Andromède a reçu la visite récente d'une vingtaine d'experts. Les prix seront rendus publics d'ici quelques jours. Deux cents familles devraient résider ici fin 2010.
Au 1er octobre le point des ventes sur les programmes réalisés ou en cours était le suivant, selon la Sem Constellation : - Le Carré Mondrian (Pragma) : 132 logements collectifs, il en reste six à vendre, les travaux sont lancés.
-Les Jardins Andalous (Urbis) : 62 logements collectifs et 24 maisons individuelles : tout est vendu, les maisons sont déjà habitées.
-Le Grand Patio (Icade-Capri) : 84 logements collectifs et 40 logements individuels ou individuels groupés ; restent cinq appartements à vendre.
-L'Écrin Végétal (Bouygues) : 182 logements collectifs ; 20 restent à vendre.
-Les Essentielles (Nexity) : 10 maisons individuelles (ci-contre). 50 % vendues en un mois de commercialisation.

jeudi 15 octobre 2009

L'AFPA, c'est « cadeau »



Urbanisme. De la brique mais en noir et blanc, une architecture industrielle quasi luxueuse pour un centre de formation, c'est l'étonnante AFPA de Balma.

C'est comme un message d'espoir, une sorte de cadeau fait aux stagiaires, aux quelque deux mille salariés ou demandeurs d'emploi qui viennent ici, chaque année, se former à de nouvelles techniques, à de nouveaux métiers, en reconversion. Un message transmis par l'architecture d'un bâtiment tout neuf à ses utilisateurs.
Le nouveau centre de l'AFPA de Balma est aussi le symbole d'une renaissance après la destruction totale du centre initial de Bordelongue, rasé après la catastrophe d'AZF (l'explosion avait fait 29 blessés parmi le personnel, 101 chez les stagiaires).
Relogé sur le site « provisoire » de Basso Cambo, pendant huit ans, « l'AFPA de Toulouse-Balma regroupe désormais les établissements des Demoiselles, de Basso Cambo et du Palays, toute la formation régionale au tertiaire et à l'industrie », précise Émile Pérez, le directeur, « nous sommes ici depuis fin août, l'inauguration officielle est prévue le 16 novembre ».
« Les conditions de travail sont exceptionnelles, luminosité, confort, couleurs, restauration, c'est très motivant, on est contents », résume le directeur.
Un avis d'utilisateur qui ravira Michel Rémon, qui a dessiné les plans du nouveau centre. Cet architecte parisien a aussi réalisé l'Ensiacet, l'école de chimie du Ramier elle aussi détruite par AZF et reconstruite au Palays.
Invité des récents Rendez-vous de l'architecture de Toulouse, il a séduit son auditoire par la simplicité de son discours, qu'il évoque un stade de foot réalisé à Reims ou une extension d'hôpital dans la banlieue parisienne.
Pour lui, tout semble découler naturellement du site, de la perspective, de l'inclinaison du terrain, et de la fonctionnalité du projet à intégrer : le paysage « doit si possible être plus beau après, une fois l'immeuble réalisé ».
Pour l'AFPA, où l'architecte disposait d'une enveloppe de construction de 26 millions d'€ , Michel Rémon parle « d'accueillir ces gens parfois en difficulté avec beaucoup de tendresse, un terme peu utilisé en architecture, mais que j'aime bien », avoue celui qui voit l'architecte un peu comme « un petit prince dans son grand palais » et déteste « les effets décoratifs qui ne servent à rien ».
À Balma, coincé entre la verdure du bassin de carène du CEAT et le bâtiment noir de l'Elca (immeuble de bureaux), la nouvelle AFPA se dresse, en alignement sur la rue, long bâtiment de brique noir et blanc, à la place de vieux blocs militaires démolis. « Le point d'horizon est fixé sur le centre commercial et le terminus du métro », seulement distants de 500 mètres.
« On a voulu produire un effet de luxe tout en respectant l'économie, avec sols en ciment, toiture tôle, charpente métallique, murs de parpaings, et de l'espace dans les grands ateliers, de la lumière naturelle, des couleurs vives dans les couloirs […] j'avais proposé de la brique rouge à l'extérieur, le maire (Alain Fillola) a dit : « Le rose c'est Toulouse, pas Balma ». On a fait un dégradé du noir au blanc ». Et c'est plutôt réussi.

Philippe Emery

60 formations, 1000 stagiaires

Le centre AFPA deBalma (73, rue Saint-Jean), c'est 60 formations qualifiantes dispensées par 70 formateurs, une capacité d'accueil de 1000 stagiaires sur 16 000 m2. 2 000 stagiaires sont reçus chaque année, âgés de 20 à 45/50 ans. Des ateliers de 1 000 m2 permettent d'accueillir des machines et installations industrielles de grande taille, comme un plateau technique d'usinage à commande numérique dernier cri (plusieurs millions d'€). La direction régionale se trouvera à terme dans l'immeuble voisin de l'Elca.

jeudi 8 octobre 2009

Le plus beau, c'est Galliéni



Urbanisme. Le prix Architecture Midi-Pyrénées, remis mardi à l'occasion des 23es Rendez-vous de l'Architecture, récompense un programme ambitieux.
«Nous avons voulu saluer un projet bien réfléchi et inséré dans le site, l'énergie de Claude Vasconi, l'architecte qui a transformé ici l'argent en or», c'est le compliment de l'intransigeant Francis Soler, le président du jury (1) qui a choisi de décerner son prix Architecture Midi-Pyrénées 2009 au lycée Galliéni de Toulouse.
Le prix a été remis mardi soir à l'occasion des 23es Rendez-vous de l'architecture, au théâtre Garonne à Toulouse, en présence de Martin Malvy, président du conseil régional, financier unique du projet (91 M d'€, une centaine avec les équipements). Une disctinction qui récompense l'audace et la modernité du concept architectural mais un projet symbolique de la renaissance d'un lycée détruit par la catastrope AZF.
Avec le lycée Françoise voisin, démoli lui aussi mais reconstruit à Tournefeuille, le lycée Galliéni a bénéficié pour sa reconstruction d'une enveloppe financière négociée par la région avec les assureurs de Total. Une transaction qui a permis de démarrer les travaux en décembre 2007 pour une inauguration à la rentrée de septembre 2008.
«Nous avons voulu répondre non seulement à une nécessité pédagogique mais participer par une réalisation exceptionnelle à la renaissance de ce quartier, hommage à celles et ceux qui ont été frappés par la catastrophe et confiance en l'éducation et la jeunesse pour construire l'avenir», a déclaré Martin Malvy, «Gallieni est un lycée d'exception par son architecture moderne, ses dimensions, ses équipements, ses capacités d'accueil. Premier lycée solaire, il est exemplaire en matière de développement durable».
Le long bâtiment imaginé par l'architecte Claude Vasconi (2) autour d'une rue centrale orientée nord-sud, la Galeria, est baigné de lumière naturelle qui inonde les immenses ateliers et les 79 salles de classe del'établissement consacré à l'automobile.
Ouvert en 2008 avec 650 élèves, le lycée est conçu pour en accueillir à terme 1410 (il en compte actuellement pas loin du millier), avec une salle de restauration de 1200 places, un internat de 300 lits, 35 000 m2 de blocaux dont 15 000 d'ateliers, le tout au sein de 21 000 m2 d'espaces verts et avec un parking de 430 places, et avec 2 000 m2 de panneaux solaires dont la production d»'électricté vendue à EDF couvre la facture énérgétique.

Philippe Emery

1-Frédéric Borel, Christophe Gautié, Rudy Ricciotti, architectes et Christine Desmoulins, journaliste.
2-Avec Thomas Schinko et LCR architectes (Keyvan Esnaashari, Philippe Lapeyre, et Xavier Ratynski)

Les autres prix et mentions

Prix spéciaux du jury : deux parkings aériens du métro aux Argoulets (Toulouse) et à Balma (photo)(Azéma architectes et Tsuba) ;aménagement du parvis du Musée des écritures du monde à Figeac (46) (architectes: Philippe Bergès, avec Caroline Lafon; paysagiste : Amélie Vidal); transformation d'une grange en habitation à Laguépie (82) (architectes : Nicolas San et Frédéric Rivière).
Mentions : étable à vocation pédagogique à Figeac (46) (architecte : Jean-François Casadepax, avec Pierre Charras) ; 16 maisons individuelles à Blagnac (photo) (GGR architectes: Laurent Gouwy, Alain Grima et Jean-Luc Rames); centre de loisirs du quartier Andromède à Beauzelle(architecte : Véronique Joffre, avec Christian Valadas); gymnase de l'INP de Toulouse (architectes : Pierre-Guy Loustau et Marc Laurens).